LA BANQUE D'ETAT ET LA GRÈVE DU NORD-EST EN SUISSE --1-55 dans les journaux à sa solde, le bruit que le personnel était systématiquement excite par le docteur Sourbeck. Récemment encore, couronnant son œuvre de mauvaise foi, la Compagnie du Nord-Est modifia au préjudice des employés le texte adopté en 1896, qui servait de base au contrat d'attachement, à telle enseigne qu'il lui était loisible de renvoyer sans autre motif les employés tombés en disgrke. Aprés aYoir signalé ces modifications à M. le conseiller fédéral Zemp, le docteur Sourbeck s'adressa à la direction du Tord-Est, la pri:rnt de bien vouloir lui accorder une entrevue, afin de pouYoir rétablir le texte primitif. La direction répondit qu'elle ne voyait pas l'utilité d'une telle cntrC\'ue, attendu qu'elle a\'ait le droit de «compléter>) le contrat à sa guise. Telle n'était pas l'opinion <les mandataires du personnel qui estimaient qu'un contrat ne pOLl\'ait être modifié unilatéralement. Une protestation dans ce sens parut dans l'organe des employés. Ceux-ci déclarèrent ne pas vouloir attendre plus longtemps. üne commission se réunit à Zurich et decida <l'adresser la pétition suiYantc au Nord-Est : Le Conseil cl'administration du Nord-Est est im·ité à veiller à cc que la direction tienne les engagements qu'elle a pris le 1er mars 1896, et qui portent sur les points suivants : 1 ° Le contrnt d\:ngagement doit être adopté sans changem..:nt, td qu'il a été établi à la conférence de Berne du 29 fé\'rier 1896. 2° Le personnel tout entier, à L:xception des employés entrés en 1895, doit recevoir une amélioration de salaire d'un degré à partir du 1er jan,·ier 1896. Les mécani.:iens, chauffeurs et chefs de trains doivent avancer de deux degrés. Les employés commissionnés, depuis vingt ans au sen·ice du Nord-Est, doivent avancer de deux degrés, ceux ayant trente ans de service, de trois degrés. 3° La répartition en degri:s doit se faire d'une façon loyale en tenant mieux compte du temps de service et en arrondissant là où cela est nécessaire. 4° L'échelle des salair~ de la Compagnie du Central doit servir de norme. 5° Les ouvriers doivent être mieux traités au point de vue de l'amélioration des salaires et d'une augmentation réguliére. 6° Aucune mesure ne doit €:treprise contre ceux qui ont participé au mouvement des salaires. Puis, apres avoir traité quelques points secondaires, la pétition conclut : Vous voudrez bien faire savoir jusqu'au 10 mars si YOusêtes disposés à entrer en négociations avec cette autorité, respectivement, si vous voulez1 sans autre, tenir les promesses faites l'année dernière par la direction. - Nous demandons une réponse au plus tard pour le 10 mars à IO heures du matin, au département fédéral des chemins de fer' et à l'adresse du comité central des employés des entreprises suisses de transport à Berne.
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