LA RE\'UE SOCIALISTE Le vi\'re existe en abondance. Le 1Jier est désormais impossible. Oi'.1vont donc les fruits du sol?- oü vont donc les objets manufacturés? - oü vont donc toutes ces richesse~ dont nous avons établi l'existence? Une bonne part des produits du sol se perd sur place, se gâte entre les mains des commerçants ou est gaspillée par les riches, leurs Yalets, chcv:rnx de luxe, chiens, etc. « En Russie et dans le sud de l'Europe, dit Bebel, on laisse honteusement périr chaque année des dizaines de milliers de quintaux de céréales, parce que l'on manque de magasins conœnablcs et de moyens de transport appropriés. Des millions de quintaux de denrées se gaspillc1Jt annuellement en Europe parce que les appareils <le récolte sont imparfaits ou parce que l'on manque de bras au bon moment. Des quantités de meules de blé, des granges bondées, des exploitations agricoles cntiercs deviennent la proie des flammes, parce que la prime d'assurances dépasse la valeur du grain, <le même qu'on laisse pour la même raison des navires se perdre corps et bien en pleine mer. Chaque année nos manœu\TCS militaires detruisent de nombreuses récoltes. >) L'auteur des Produits de ln Terre parle dans le même sens : « Dans certaines régions agricoles mal desservies de voies de communication, dit-il, les cultivateurs laissent pourrir leurs récoltes sur pied, ne pouvant les écouler ou les utiliser d'aucune manière ... En France, cc fait.se produit dans presque toutes les régions oü il n'y a pas de chemins de fer en assez grand nombre. En Sardaigne, dans certains districts, sans communication avec les ports de la côte, de vastes forêts d'orangers restent inexploitées et des millions de fruits d'or jonchent le sol à l'époque oü devrait se faire la récolte. Aux États-Unis, cc sont les céréales qui se perdent souvent faute de moyens d'écoulement; c'est ainsi que dans quelques régions oü le maïs est très abondant on s'en sert parfois comme combustible ... Si le producteur gaspille par nécessité, le négociant, l'intermédiaire qui revend aux consommateurs, gaspille par amour du lucre. Pour attendre une hausse dont ils cspercnt de grands profits, des accapareurs laissent avarier chaque année des millions de kilogrammes de céréales ou de légumes. Bien des produits du reste, par le fait <le leur cherté, ne trouvent pas un écoulement immédiat et se gâtent avant qu'on ait pu les vendre; il n'y a pour ainsi dire pas un magasin oü il ne se perde ainsi annuellement une certaine quantité de substances alimentaires. - Cc que les producteurs et les trafiquants ont commencé, les consommateurs, ou du moins une certaine classe de consommateurs l'achève; et c'est probablement chez ces gens-là que le gaspillage atteint les proportions
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