LE PROBLÈME DE LA RICHESSE 447 sont aujourd'hui les sicges de notre agriculture ... Si la surface terrestre cesse d'être utilis1.:e, comme aujourd'hui, et, disons-le tout bas, défigur1.:e par les travaux gfomctriqucs de l'agriculteur; elle se recouvrira alors de verdure, de bois, de fleurs; la terre deviendra un vaste jardin, arrosé par l'effusion des eaux souterraines et où la race humaine vivra dans l'abondance et dans la joie du légendaire âge d'or. )) Ce que les religions ont promis à quelques-uns, le Progrès le donnera à tous. Que l'Homme continue donc à se nourrir des doux fruits de l'arbre de la Science. La faillite des ·religions est manifeste. Leurs Dieux sont insolvables. La Science, au contraire, ne cesse d'attester sa force. Elle avait peu promis. Elle a beaucoup donné. L'Homme lui doit sa- puissance, - la Société sa richesse. N'est-cc rien, cela? Elle a chassé du Ciel les Dieux que notre ignorance y avait placés. Elle souffle sur les trônes et sur les palais. Le régne des portecouronnes et des porternillions touche à sa fin. L'Égalité sociale, la Justice économique, la Solidaritt: humaine scintillent à l'horizon historique. La Science nous en rapproche sans cesse. Sous son cgidc, marchons à la conquête du monde! VI Tome une mer d'épis ondule et les 5illons Portent à la famine un <lCfi;l'étC brille, ·oc chauds arômes d":unbreemplissent les rayons; Les bl\!s mùrs, pleins et lourds, attendent la faucille. Les moine:iux, les mulots fcstinent; les grillons PoussCn\ un chœur ~trident comme un feu qui !)êtille; La brute semble croire à ce que nous uoyons; On entend tout chanter l'abondance en famille. Du sein de la Nourrice, il coule en ce bc:rnjour Une inondation d'existence. et d'amour. Tout est féconditC, tout puJlule et foisonne! Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en ..::hcmin, Un enfant et sa mère en haillons - morts de f.tim ! Qu'en dites-volts, blês mûrs, et qui donc vous moissonne? E. POTTIER. A mesure que grandit la puissance éc'onomique des classes oisives, le paupérisme s'affirme davantage. Cette évolution parallele de la richesse et de la misère est tout ce qu'il y a de plus inique au monde. Partout, en effet, la pauvreté côtoie l'opulence. Partout le dénùment le plus complet s' ét:ile à coté d'un luxe insensé. Partout la plus sombre misère sert de cadre à là plus étincelante richesse. Peut-on rêver spectacle plus hideux? Nous ne le pensons pas.
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