LE PROBLEME DE LA RICHESSE 4--1-9 les plus considérables. Aucune statistique n'a calcull'.: et ne pourra jamais calculer cc qui se dépense inutilement de produits nutritifs par le fait des plaisirs immodérés quc se paient les classes riches. » * * * Des produits industriels, il n'est pas fait un meilleur usage. Eux. aussi sont honteusement gaspilles alors que la multitude - ù l.tqucllc ils sont dus - en manque chaque jour da\'antagc. Les uns sont détérioré~ avant d'<.:trc utilisés. D'autres, mis hors d'usage, sont détruits sans a,·oir étl'.:jamais employés. D'autres encore - et c'est le grand nombre - ne servent qu':\ la satisfaction des passions dl'.:n:glées des riches. Ces derniers ont des palais lu:rncuscmcnt meublés quoique inhabités la plupart du temps. Cc que ces édifices rccélcnt - et stérilisent - d'objets manufacturés est fabuleux. Chaque annl'.:e, les deux. tiers au moins de la production industridlc sont absorbés et gaspillés par la classe parasite. N'est-cc pas rérnlt.rnt? Il faut ètrc mouton ou loup pour ne pas s'en indigner. L'auteur de l'Ho111111e se/011 la Scie11ce ( r8ï4)- le docteur L. Büchner - n'a-t-il pas écrit? - « L'excès de pam-reté et l'excés de richesse, l'excès de force et l'excès d'impuissance, l'cxcés de bonheur et l'excès <le misère, l'cxcés de servitude et l'excès de caprice, l'çxcès dl' superflu et l'excès Je <lénùmcnt, une fabuleuse science et une ignorance fabuleuse, aussi le travail le plus pénible et la jouissance sans effort, tous les genres de bçauté et de splendeur et la plus profonde dégradation de l'existence et de l'être -voilà le caractérc de notre société actuelle, qui, par la grandeur de ses contrastes, surpasse les pires èpoques d'oppression politique et d'esclavage. Tous les jours, les plus émouvantes tragédies, fruits de ces contrastes, se passent sous nos yeux, sans que nous en puissions prévenir le retour, et nous sommes obligés de nous dire que, chaque jour, à chaque heure, des hommes, privés des choses les plus nécessaires à la vie, périssent rapidement ou lentement, tandis que, tout près d'eux, la portion mieux favorisée de la société regorge de superflu et de bien-être, tandis que la prospéritl'.: nationale a pris un essor jusqu'alors inconnu. Parcourons nos grandes villes et nos principaux. districts manufacturiers, cela nous suffira bien pour voir tout auprès du séjour de la Riche~sc et du Bonheur, au-dessous et au-dessus de lui, se cacher les repaires du Vice et de la Mis.'.:rc; pour voir, près des tables surchargces et des estomacs saoûlés, la·Faim à l'œil cave subir sa silencieuse torture; pour voir, :\ càtc de tous les genres de luxe et d'arrogance, le Dénûment sans espérance se blottir, craintif et anxieux, dans un sombre recoin, ou bien, en proie à un morne désespoir, couver d'horribles desseins. Que de fois, avec les
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