La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE .f,OOOmétres de prot"ondeur. .. On trou\'era là la chaleur, origine de toute vie et Je toute industrie. Ainsi l'e.rn atteindrait au fond Je ces puits une température élevée et dé\'elopperait une pression capable de faire marcher toutes les machines possibles. Sa distillation continue produirait cette eau pure, exempte de microbes, que l'on recherche aujourd'hui .'t si grands frais, à <les fontàines parfois contarnin<'.:es.A cette profondeur on posséderait une source d't:nergie thermo-élcctrique sans limites et incessamment renouvelée. On aurait donc la force partout présente, sur tous les points ùu globe, et bien <les milliers de siècles s'écouleraient ,1,·antqu'elle éprouY,\t une diminution sensible ... Qui dit source d'énergie calorique ou électrique dit source ù'<'.:nergie chimique. AYec une telle source, la fabrication de tous les produits chimiques devient facile, économique en tout temps, en tom lieu, en tout point de la surface du globe. C'est L'tque nous trOu\'erons la solution économique du plus grand problème peut-ètre L]UircléYe de la chimie, celui de la fabric.nion Jes matières .1liment,1ires.En principe, il est déjà résolu : la synthèse des graisses et des huiles est réalisée depuis quarante ans, celle <lessucres et des hydrates de carbone s'accomplit ùe nos jours et la synthèse <les corps azotés n'est pas loin de nous ... Le jour où l'cnergie scr,1 obtenue économiquement, on ne tardera guère à fabriquer des aliments de toutes pil'.:ces,ayec le carbone emprunté à l'acide carbonique, a\'ec l'hydrogcne et l'oxygcnc pris :'t l'e.rn, aYec l'azote tiré de l'atmosphère. Cc que les végétaux ont fait jusqu'à présent it l'aide de l'énergie emprunt<'.:c.'t l'univers ambiant, nous l'accomplissons dép. et nous l'.1ccomplirons bientôt mieux, d'une façon plus étendue et plus parfaite que ne le fait Ll nature. « Un jour viendra oi.1chacun emportera pour se nourrir sa petite t.1blctte de matière azotée, sa petite motte de matiére grasse, son petit morcc.rn de fécule ou de sucre, son petit flacon d'épices aromatiques, tout ceb fabriqué économiquement et en quantité inépuisable par nos usines; tout ccb in<lépcnd.rnt des saisons irr<'.:guliercs,de la pluie ou de la sécheresse, ùc la chaleur qui dessechc les plantes ou ùe la gelée qui détruit l'espoir de la fructification; tout cela enfin exempt de ces microbes pathogènes, origine <les épidcmies et ennemis de la Yic humaine. • << Cc jour-!.\..., il n'y aura plus ni champs couYerts de moissons, ni vignobles, ni prairies remplies de bestiaux; l'homme gagnera en douceur et en moralité, parce qu'il cessera de vivre par le carnage et Ll destruction des créatures vi\'antes. Il n'y aura plus de distinction entre les régions fertiles et les régions st<'.:rilcs.Peut-ètre même que les déserts ùc sable deviendront le séjour de prédilection des civilisations humaines, parce qu'ils seront plus salubres que ces ,11luvions empestées et ces plaines marécageuses engraissées de putrcfaction qui

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