La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

-t44 LA REVUE SOCIALISTE La moyenne, par habitant, était de 3ï fr. 26 à la prcmiérc d,nc, de 60 fr. 58 .i la seconde, de 113 fr. rr à la troisi<'.:me t de 330 fr. 75 à la quatri<'.:mc.Elle est aujourd'hui dq--1-0fr. 20 (r). L'industrie n'a cessé de Yégéter en Russie, en Italie, en Turquie, etc. Qu'en est-il 1;ésulté?L'accroissement de la fortune de ces contrées a été insignilîante. « Avec 60 millions d'ounicrs, dit l'auteur des Produits de l'i11d11strie, les manufactures de l'Europe et des États-Unis donnent un produit qui dépasse une ,·alcur de 9-+milliards de francs; a\'cc un nombre plus que double de traYailleurs, l'agriculture de ces mêmes pays n'obtient qu'une valeur de 8ï milliards. - Cette supériorité de l'industrie sur l'agriculture tient certainement pour une part à la plus gr.111desomme de traYail fournie par les ou,-riers industriels qui sont en général plus cxpéditits et plus intcl,ligents que les tr,1vailleurs de la ca111p.1gncm, ais elle est duc principalement 1 la puissance des machines. Si l'industrie n'a,·ait ;\ sa disposition que les muscles de ses ou,Ticrs ... clic ne produirait pas la moitié de cc qu'elle produit et sa supériorité serait peu de chose. Jvlaisl'industrie a su men·eilleusement profiter de certaines ressources de la nature. La chaleur solaire emmagasinée dans les combustibles végétaux et rninér.1ux, bois, charbons, houille, clic la transforme dans ses fourneaux en Yapeur et en force mécanique. Elle profite du reste des progr<'.:sque la science réalise journellement ; clic en fait les instruments de sa puissance. Grùcc ù cette utilisation intelligente des forces naturelles et des découYcrtes du génie humain, l'industriL: dispose actuellement pour le service de ses machines et appareils d'une force mécanique énorme. Rien qu'avec la houille clic possède dix millions de cheYaux-Yapcur. .. AYant longtemps les mines de combustible seront devenues inutiles à l'industrie; celle-ci remplacera Li Yapcur par un autre agent d'une portèc autrement puissante, dont on n'aura pas à craindre de Yoir diminuer la rèscrvc de production en raison de la consommation journalière. Au point ou est aujourd'hui arri\'éc la science, tout indique en effet que dans le courant du si<'.:cle. prochain, l'homme pourra produire et utiliser l'électricité mieux qu'il ne le fait actuellement pour la vapeur clic-même. Il y a à Li surface <le (1) En France, la force totale des moteurs it v.1peur s'est accrnc de 2,696 °/o de 1840 ,'t 1892. Elle était de H mille chevaux-vapeurs it b premicre date et de 965 mille .'t la ,econdc. On comptait r cheval-Yapcur par 995 habitants en 1840,-par .n6 hab. en 1852, - par 183 hab. en 1862, - par IOï hab. en 1872,- par 62 hab. en 1882 <!t- par .JO hab. en 1892. Le nombre des établissements s'est clcYé de 3 mille en 18-10, :i -17 mille en 1892. La puissance moyenne des moteurs était par établissement de 10,7 chcYaux il y a cinquante ans. Elle est aujourd'hui de 25, r cheYaux. L'ensemble des appareils représentait la force de 721 mille hommes en 18-10 et en 1892 celle de 20 millions 283 mille hommes, cc qui fait plus de 2 par famille ... et l'Homme exploite toujours l'Homme comme au temps d'Aristote 1

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==