La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LE PROBLÈME DE LA RICHESSE 443 tout le système artériel et veineux du bassin depuis son origine jusq u' à son issue dans la plaine ou sur la mer; à l'i11gé11ieur de construire les canaux, les ponts, les routes agricoles, les machines à vapeur, les bassins de retenue et tout l'immense outillage du terrain de culture; aux agro110111es enfin de s'occuper de la nourriture du sol, de l'ensemencement et des plantations. Est-il avéré que telle partie de la contrée doit être cultivée en forêts pour donner S~)l) maximum de produits, elle se couvrira de bois; telle autre partie convient-elle mieux aux céréales, à la vigne, aux plantes fourragéres, aux arbres fruitiers, aux productions horticoles, elle fournira les plantes que favorise le sol, les eaux et le climat du lieu. Ce n'est pas tout: il faut que le slatisticie11, I' éco1101niste, les indus/riels chargés des transports s'occupent de savoir si telle ou telle culture dcjà trés étendue dans quelque autre contrée, ne risque pas de se trouver en trop grande abondance ù la disposition des consommateurs, et s'il ne vaudrait pas mieux la remplacer par une autre production plus utile aux intérêts de la sociétc. - On le voit: l'agriculture ainsi pratiquée demande le concours de chacun; toute force intellectuelle doit être employée à mettre en rapport le domaine commun de l'homme. De cette manierc, les produits s'accroîtront dans des proportions énormes, ainsi que le prouvent déjà les résultats de la culture industrielle dans les vastes fermes des agronomes anglais. Aidée de la science, la grande industrie a dcjà tué la petite industrie; de même la grande agriculture ne peut manquer de tuer la petite agriculture. » La socialisation des moyens de production industrielle devient· chaque jour plus urgente. La grande culture rendra nécessaire la socialisation du sol et de la machinerie agricole. * * * L'industrie a devancé l'agriculture dans la voie du Progrés. C'est ~ pas de géant qu'elle a marché en cc siécle. Les nations industrielles ont vu croître leur richesse avec une rapidité prodigieuse. La fortune générale de l'Angleterre a quadruplé dans l'espace de soixante-dix ans. Évaluée à 55 milliards de francs en 1814, elle a atteint 233 milliards en 1884. • Celle des États-Unis d'Amérique a pris un essor autrement considérable. En un siécle, de 1790 à 1890, elle a passe de.+ à 325 milliards de francs. Elle a donc presque centuplé. En France, la production industrielle estimée 9 3 1 millions 460 mille francs en 1788, 1 milliard 820 millions en 1812, 4 milliards 37 millions en 1850 et 12 milliards en 1873, dépasse actuellement 13 milliards.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==