442 LA REVUE SOCIALISTE Aujourd'hui, malgré la routine, malgré l'ignorance, maigre le gaspillage de la force-travail, malgré le parasitisme du juge, du policier, du soldat, du pr~tre, du législateur, du politicien, du rentier, du vagabond, ... et malgré les chômages périodiques, _nous voyons sortir de chaque branche de la production industrielle plus de denrées que nous n'en pouvons consommer. V La Terre est une mère aux flancs génërcux. A. LF ROY. Le machinisme - qui a métamorphosé le monde industriel - transformera également l'agriculture. Le petit lopin de terre est frappé d'impuissance. La charrue et la herse mises en mouvement par des bœufs ou des chevaux ont fait leur temps. L'avenir - un avenir prochain - est à la culture industrielle déjà pratiquée dans certaines contrées (États-Unis d'Amérique, Angleterre, France septentrionale, environs de Paris, etc.). Comme le dit Élisée Reclus : « La culture du sol se transforme graduellement en un travail industriel comme l'exploitation des mines et la mise en œuvre des matières premières ; comme toute autre industrie, elle se débarrasse peu à peu des Yieilles routines et remplace sa méthode de hasard par des procédés scientifiques; enfin, comme la mine de houille ou la filature de coton, elle est obligée de simplifier la besogne par la division du travail; la terre devient chaque jour davantage comme une grande usine de production agricole dont chaque partie est un rouage spécial, ou chaque travailleur à son rôle tracé d'avance ... - Pour nous faire une idée de la révolution qui doit s'opérer et qui s'opere de jour en jour dans l'agriculture par l'application des méthodes scientifiques, prenons pour exemple toute une région naturelle, un bassin fluvial dans son entier. Là il ne s'agit plus maintenant de la routine du laboureur; il faut, en outre, que la science connaisse parfaitement le sol pour en utiliser toute la force productrice. Au géograpbe et au météorologiste de dire quelle sera pour c_haque point du bassin la succession probable des températures et des pressions barométriques; à eux de tracer les lignes isothermes, d'indiquer le degré précis des pentes et des expositions ; au géologue et au cbimiste de reconnaître l'origine premiére de tous les terrains, d'en doser les éléments, d'en proposer le mélange le plus favorable; a l'bydrologisle de chercher les sources cachées, d'apprécier le débit de toutes les eaux, d'en mesurer la vitesse, de tracer les canaux d'irrigation, de préparer
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