LE PROBLÈ~!E DE LA RICHESSE terre, et les statisticiens doivent exagérer les chiffres pour établir un maximum de 8 millions de producteurs sur 26 millions d'habitants. En n'.:alité, G à 7 millions de tra\'aillcurs au plus sont les créateurs des richesses en\·oyées aux quatre coins du globe. Et combien sont les rentiers ou les intermédiaires qui ajoutent les re\'enus prélc\'és sur l'uni\'ers entier ù ceux qu'ils s'octroient en faisant payer au consommateur de cinq à vingt fois plus que cc qui est payé au producteur? » Maitres des instruments de travail, les capitalistes limitent h production, afin que l'abondance des marchandises n'en abaisse pas trop 1c prix. Ici, ils ferment des usines, abandonnent les mines, etc. L1, ils suspendent le tra\'ail pendant des semaines et des mois. Ailleurs, ils restreignent le personnel adonné ù la production. Pour s'assurer des profits scamhleux, ils condamnent perpétuellement ù l'inactivité des millions de traYailleurs. A quoi sert donc l'immense armée des \'agabonds? - et celle des volcms? - cl la population des prisons et des bagnes? Tout cela consomme et ne produit rien qui vaille. Des millions de soldats, des millions de fonctionnaires - transformés en chiens de g;Hdc du Capital - consomment des produits (beaucoup de produits) mais n'en créent aucun. Quant à la somme d'efforts consacrés à la fabrication d'objets inutiles ou nuisibles, elle est immense. « Il suffit de citer, dit Kropotkine, les millions dépensés par_ l'Europe en armements, sans autre but que la conquête des marchés pour imposer la loi économique :rnx voisins et faciliter l'exploitation à l'intérieur; les millions payés chaque année •aux fonctionnaires de tout acabit dont la mission est de maintenir le droit des minorités à gouverner la vie cconomiquc de la nation; les millions dépensés par les juges, les prisons, les gendarmes et tout l'attirail de cc que l'on nomme justice; ... les millions enfin, employés pour propager par le moyen de la presse des idées nuisibles, des nouvelles faussces dans l'intérêt de tel parti, de tel personnage politique, ou de telle compagnie d'exploiteurs ... - Il se dépense encore plus de travail en pure perte: ici pour maintenir l'écurie, le ch~nil et la valetaille du riche, la pour répondre aux caprices des mondaines et au luxe dépravé de la haute pégre; ailleurs pour forcer le consommateur à acheter cc dont il n'a pas besoin, ou ltii imposer par la réclame un article de mauvaise qua lite; ailleurs encore, pour produire des denrées absolument nuisibles, mais profitables à l'entrepreneur. Cc qui est gaspillé de cette façon suffirait pour doubler la production utile. » Tout est fait par les classes possédantes et dirigeantes pour tarir les sources de la richesse ... et cette richesse ne cesse de jaillir de toutes parts avec une force croissante.
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