La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

440 LA REVUE SOCIALISTE elle-même serait centuplée par un mode d'exploitation gui permettrait l'application de méthodes rationnelles et scientifiques. :fous sommes encore, à l'heure actuelle, dans la période barbare .le la culture extensive, et tous les agriculteurs intelligents reconnaissent que pour faire donner à la terre tout cc qu'elle doit nous fournir, il faut :idoptcr les procédés de la culture intensive. Or, :iucunc forme de propriété ne saurait être meilleure que la propriété collective pour l'application de ces procédés; car clic grouperait toutes les forces disséminées, aujourd'hui, des agriculteurs et les ferait concourir à un but commun. Nous savons, d'après cc que nous voyons dans l'industrie, combien la force de production se trouve augmcntèe par le groupement des ouvriers dans de vastes usines où tout se fait conformément aux règles de la science; nous pouvons donc nous représenter ce que deviendrait la terre, si elle était ainsi exploitée par des associations d'hommes libres qui, au lieu de dépenser isolement leurs efforts, les appliqueraient à un travail agricole scientifiquement combiné en vue de la plus grande production possible. Cc groupement des travailleurs agricoles aurait les plus heureux effets et, avec moins de travail, les agriculteurs pourraient faire rendre au sol beaucoup plus qu'il ne rend aujourd'hui. Une meilleure utilisation des engrais naturels suffirait seule à assurer cc résultat. C'est par millions de mètres cubes gue nous laissons perdre les alluvions fertilisantes gu'cntrainent les fi.cuves et qui pourraient plus guc centupler la force productrice de nos terres. On les utilisernit certainement le jour où la propriété privée ayant disparu, tous les obstacles gui s'opposent :iux grands travaux d'aménagement du sol auraient disparu avec clic. )> La culture individuelle a fait son temps. Place à la culture sociale ! Féconde est la Terre! Plus féconde encore est !'Industrie sous la main de l'Homme civilisé! Et cependant, un tiers à peine de la population adulte s'adonne au travail. « En France, <lit Kropotkine, il n'y a pas dix producteurs directs sur trente habitants. Toute la richesse agricole <lu pays est l'œuvrc de moins <le ï millions d'hommes, et dans les deux grandes industries, - des mines et des tissu"s, - on compte moins de 2 millions et demi d'ouvriers. - A combien se chiffrent les exploiteurs du travail? En Angleterre (sans l'Écosse et l'Irlande) 1,030,000 ouvriers, hommes, femmes et enfants, fabriquent tous les tissus; un peu plus d'un demimillion exploitent les mines; moins d'un demi-million travaillent la

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==