La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LE PROBLÈME DE LA RICHESSE 439 Hongrie, l'Italie, etc., se recouvrent de marécages, de bourbiers, de pâturages, de prairies, de territoires de chasse, etc. Da:is les pays de petite propriétè, le sol di\·isè en une infinité de minuscules parcelles (r), est abandonné à un vaste prolétariat rural, trop pauvre pour l'exploiter savamment. Cela a été souvc11t constaté par les agronomes, les économistes et les socialistes. Rien de plus concluant que cc passage des Produits de la. Terre: « L'organisation sociale actuelle limite considérablement la production de la terre. La propriété personnelle, sous quelque forme que nous l'envisagions, est un obstacle à la culture scientifique et rationnelle, telle que les progrès réalisés pendant ce siècle permettaient de l'appliquer. La grande propriété en effet est funeste parce qu'elle stérilise en partie le sol entre les mains inhabiles d'une aristocratie financière qui, ne cultivant pas elle-même, est incapable de traiter la terre comme il le faudrait. La petite propriété l'est également, car elle ne donne lieu qu'à des efforts individuels inégaux et en général incohérents qui produiraient beaucoup plus s'ils étaient dirigés vers un but commun, par une entente collective. D'ailleurs la di,·ision actuelle du sol avec ses millions de clôtures ou de lisières entremêlées et toutes les servitudes qu'elle comporte, diminue considérablement la surface -cultivée; dans certains pays, c'est à un quarantiemc du sol que l'on peut évaluer la quantité de bons terrains ainsi perdue pour la culture Il est alors facile de comprendre cc qui arriverait si demain la propriété privée disparaissait pour faire place à la propriété collecti Ye. Aujourd'hui chaque possesseur fait de son fonds ce qu'il lui plaît sans s'inquiéter de la société dans laquelle il est obligé de vivre. S'il est grand propriétaire et qu'il lui prenne fantaisie de transformer en vastes territoires de chasse de vastes champs qui produisent du blé, il renvoie ses fermiers et fait le désert souvent sur plusieurs centaines d'ares. Suivant son caprice, il cultive ou ne cultive pas la terre qu'il détient, et la plupart du temps, s'il exploite lui-même sa propriété, il l'exploite mal, car il ne connaît que la routine séculaire. Avec la proprièté collective, il n'en serait plus ainsi. La suppression de toutes les bornes et barrières artificielles qui limitent les champs, rendrait immédiatement disponible un vaste espace de terre absolument improductif aujourd'hui. La somme des récoltes se trouverait ainsi notablement accrue ... Non seulement la surface cultivable serait augmentée, mais la production ' (1) En France, II millions 53 mille 702 propriétaires - réels ou fictifs - possédaient, en 1851, 126 millions 2ro mille 194 parcelles de terre. Chaque propriétaire avait donc it cultiver - ou à faire cultiver - en moyenne onze parcelles. Nous n'avons pas de chiffres officiels plus récents.

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