LA REVUE SOCIALISTE La bourgcoisic,et jusqu'à un certain point aussi le peuple espagnol, encore trop imbu de pn'.:jugés pour qu'il s'éloigne d'un chemin contraire à ses Yéritablcs intérêts, désirent la soumission de Cuba à l'Espagne. Ils ne demandent pas mieux que de l'exploiter comme par le passé, de profiter de la richesse de l'ile et de vine en parasites à ses dépens. Et les Cub.lins se n'.:,·oltent ! Bourgeois et prolétaires s'unissent dans un élan généreux pour la conquête de la liberté. Ils reprennent les armes comme en 1850, en 185r, en 1868, 1879, 1885 et proclament la république. C'est le 2--1 février 1895, le jour même choisi par José i\larti (1), que commençait dans les proYinces de Santiago de Cuba, Santa Clara et Matanzas le mouvement insurrectionnel qui dure encore pour la séparation de l'ile malheureuse d'avec l'Espagne. Il y a donc déjà une année entière que les Cubains luttent yaillamrnent contre leurs oppresseurs, et, malgré la disparition du général i\laceo, l'un des chefs les plus audacieux du parti de la révolution, nous sommes encore bien loin, à cc qu'il semble, de cette pacification promise à bref délai par le commandant suprême des forces espagnoles. Il est vrai que les journaux de la métropole et même des autres pays d'Europe, qui puisent leurs informations aux sources plus que rnspcctes des agences payées par i\I. Canovas, sont unanimes à constater les triomphes ininterrompus de i\1. \Veylcr. Ils annoncent, par cxemplè, que les patriotes cubains ne s'entendent plus et que le dcsordre et l'anarchie règnent dans l'entourage de 11axinrn Gomez. Le Liberal, de 11adrid, ajoute même que désormais le général en chef de la révolution demeure seul à vouloir l'indépendance de l'ile ensanglantée, tandis que les autres membres du gouvernement républicain sont plus que satisfaits des réformes accordées à leur patrie par la métropole. Mais tout cela ne peut plus nous tromper. Les rares dépêches des insurgés suffisent quand même pour nous apporter les 11ou,·elles d~ la marche progressive de l'insurrection. On se bat à Cuba, on meurt et on est vaincu; mais si quelqu'un se trouve réduit au pied du mur, c'est plutàt M. \'i'cyler que Maxima Gomcz. I II L'insurrection des iles Philippines est due aux mêmes causes qui ont déterminé la révolution à Cuba. Seulement, il y a dans cet archipel (r) L'apôtre de b cause de Cubct, poète, philosophe et tribun, tombe sur k d1amp de bataille le 19 mai 1895.
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