La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

POURQUOI CUBA ET LES PHILIPPINES SOKT EN INSURRECTION 425 est le même qui deux ans aupara\·ant s'écriait aycc indignation dans une séance du Parlement: « Dans ces temps-ci, les bandits et les voleurs n'ont pas besoin de. courir le risque d'aller par monts et par vaux. A quoi bon s'exposer ù trouYcr la gendarmerie, quand on peut soustraire six millions et demi de la caisse des dépôts qui était fermée .'t trois clefs? En fait de larron, on a arrêté jusqu'ù ce jour le portier, absent au moment oü le rnl a eu lieu. A quoi bon aller ù la campagne au de\·:int de la gendarmerie, qu:ind, étant Yice-président d'une députation proYinciale, on peut assassiner sa propre femme, cacher cet horrible crime et peu de temps aprcs se marier a\·cc la domestique qui demeurait dans la maison de la Yictime? Car, à cette heure-ci, on ne connait pas le criminel, quoique la presse ait dit que c'l'.:tait un fonctionnaire public! >> Le même orateur disait peu aprés: « Je ne vais p:is lire tout le mémoire du général Salamanca, gouverneur de Cuba, mais je vais a\·ertir le Congrès que les dl'.:tourncmcnts de fonds, dans l'ile, montent à rq,057,580 francs. Est-cc que le gouvernement ne savait rien de cela? Et, s'il l'a su, qu'a-t-il fait, le gouvernement?» (r) Un an aprcs, un autre député espagnol, M. Castaneda, disait dans la sc'.:ance du 2..j. juin : « Comment peut-on douter qu'il y ait une grande immoralité dans l'ile de Cuba? Le géncral Prendergast, ancien gouverneur, a donné au sous-secrétaire du ministère des colonies une liste de 350 employés des douanes et de l'administration qui ont été poursuivis pour fraude: aucun d'eux n'a cté puni. Je suis-autorisé ù le dire ici par le gcnéral Prendergast lui-même. >) M. Varona relate encore que, pendant la dernicre guerre, on était arrivé ù soustraire au Trésor, au moyen de faux ct:its de vivres et de transports, une somme de II4,057,580 francs. Au mois de mars, le gcnéral Pando affin,-iait que les vols perpétrés lors de l'expédition des mandats par h commission de la dette excédait Go millions de francs ( 2). Tous ces faits, la crise sucriére et la diminution d'année en année plus sensible de la récolte du tabac, sont les causes principales de !'in.- surrection cubaine. Ce conflit d'intérêts gui existe entre les.Espagnols de la métropole et les habitants de l'ile a déterminé ensuite un antagonisme, une rivalitc, une haine profonde, qui séparera pour toujours ces deux peuples, parlant la même langue et nés pour s'entendre. (r) Compte rendu de l:t séance du Congr~s du 28 1u111 1890. - Disco,,,.s de M. Ro111eroRobledo, cité par M. Mestre Amabile, pages 45 et 46. (2) Varona. - Ouvr. cité, page 29.

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