La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE tcricur (Gobcrnacion) et ne trouYe que 3,73-1,625 fr:mcs pour le 111inistère des tr:i\'aux publics, prouYC à l'éYidcnce que l'Espagne n'a jamais compris quel aurait dù être son ràle ù Cuba. Car cette île merveilleuse et d'une fcrtilitc sans exemple, qui paie 80 fr. 90 par habitant (r) <l'impàts, n'est cultin':c (JU'cn petite partie. Sur r,0-16,115 hectares de terres CLi!ti,·écs, on calcule que 12,827,000 hectares ont toujours été laissés dans la plus grande incurie. Sur une superficie de I 18,833 métres carrés on ne compte que 2.~6 kilomètres et demi de routes carrossables, presque toutes dans la proYincc de la Hannc. Celle de Santiago de Cuba en co111ptc 9 kilomètres. La proYincc de Puerto-Principe, de même que celle de las Yillas, n'en possède pas un seul. Les difh'.:rentcs Yoics ferrées comprennent en Yiron 1,500 kilomètres qui se trom·cnt principalement dans la partie occidentale, entre Pinar del Rio et Santa Clara, mais le gouYerncrncnt espagnol a toujours ajourné la construction .de lignes importantes, lesquelles auraient permis la mise en exploitation de la partie ccntralc et orirntalc de l'ile, plus rirhrs ù1co11/eslnblc111e11/ que la partie occidentale, seule encore cultivée. En effet, outre la canne et le tabac, on y pourrait cultiYcr le café et le cacao, cc qui serait impossible dans la partie occidentale (1). Plusieurs sociétés financières ont fait :'t différentes reprises des offres au gôu\'crnemcnt de la métropole, pour la construction d'un certain nombre de lignes ferrées, mais clics n'ont jamais été acceptées. « Lorsque la guerre actuelle a éclaté, et malgré les 500 millions dépenses depuis 1878, pas une Yoie stratégique n'aYait été construite; il n'y avait ni fortifications, ni hàpitaux, ni matériel de guerre. L'État n'avait même pas songé à sa propre défense! » ( 2) Cette négligence de l'Espagne a toujours contribué 1 rendre plus graycs le~ sacrifices demandés :'t Cuba. Prendre l':irgcnt des colonies sans jamais rien donner en échange a été som·cnt la dc,·isc des nations européennes, mais les Espagnols ont transformé cc principe injuste en un véritable systemc d'administration. Ils l'ont app! iqu~ dans tous les pays de l'Amérique méridionale aYec une rapacité et un égoïsme que peuvent seules expliquer une immense ignorance et l'iuconscicncc la plus folle. Mais cc ne serait pas encore un nul irréparable d'imposer de lourdes charges, si l'administration était honnête et si les employés ne les rendaient encore plus écrasantes par des vols continus. En 1892 le ministre Romero Robledo prit dans les caisses de la Banque, sans aucune autorisation, cinq millions de francs, qu'il aYança à la Compagnie Transatlantique dont il était actionnaire! (3) Et cet homme politique (r) Mestre Amabilc.- Ouvr. cité, page 6ï. (2) Varona. - Ouvr. cité. page 42. (3) \'arona. - lb., pagt 29.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==