La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

POURQUOI CUBA ET LES PHILIPPINES SONT EN I~SURRECTTON 419 par la 'culture de la canne à sucre, qui prospèn; men·eilleuscment dans tous les terrains de Cuba. On parle de tiges de canne à sucre qui atteignent sur les bords de la riviére Canto neuf mètres de longueur et huit centimétres de circonférence ( I). II Cette richesse d'une colonie jugce jusqu'alors infèrieure à toutes les autres devait rappeler la métropole à ses anciennes méthodes de rapine et d'exploitation, car si Cuba aYait été épargnce par l'Espagne pendant les derniers trois siècles, cela ne tient qu'à l'obscurité de l'ile et à la trcs modeste aisance de ses habitants. Cette exploitation, qui fut si souvent blùméc par tous les économistes et ics historiens, s'est accomplie partout de la même façon, et à Cuba, en particulier, par trois moyens que nous allons examiner. Les deux premiers consistent en des mesures èconomiques telles que 1c maintien de droits trcs élevés sur les produits industriels du dehors indispensables aux habitants ou sur le sucre et le tabac exportés et le monopole de tous les emplois dans l'ile. Le troisiéme est la conséquence des autres et des révolutions qu'ils ont entraînées depuis 1850 et 185 r jusqu'à nous: c'est-a-dire les imp6ts d'année en année plus exorbitants et la dette publique sans cesse accrue. Il est difficile d'exposer dans tous ses détails le systcrnc douanier suivi par l'Espagne à Cuba. Nous avons déjà vu le tnrif adopté en 1809 par Ferdinand VII, qui grevait les différents articles de droits gradués de 7 1/2 à 32 1/2 °/o. Ce tarif paraissait modéré au commencement du dix-neuviéme siécle, mais il aurait dû être modifié ensuite, alors que toutes les puissances eurent restitué à leurs dépendances <l'outre-mer la plénitude de la liberté du commerce. L'Espagne a fait précisément le contraire. Elle n'a pas compris que l'organisation économique de Cuba, qui produit poqr l'exportation et importe presque tout cc qu'elle consomme, ne devait pas être gênée dans ses relations mercantiles, afin de pouvoir acheter à des conditions avaotageuses et vendre de même. Au lieu d'abolir son tarif vexatoire, elle l'a aggravé par des mesures monstrueuses qui prouvent que l'Espagne e~t la plus arriérée parmi toutes les nations de l'Europe occidentale, aussi bien au point de vue politique qu'économique. Comme dans l'ancien temps les marchands de Séville et de Cadix jouissaient du monopole du commerce avec les colonies, de même aujourd'hui Cuba est soumise à une législation mercantile qui place la colonie à la merci_ de certains grands marchands et (r) Mestre A1nabile. - Ouvr. cité, page 60. • ' I

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