.p. 8 LA REVUE SOCIALISTE soulé\'emcnts; on dirait que, dés cc moment, le gouvernement espagnol agit comme s'il eût dèsiré les conséquences actuelles. 1I{1tons-nous d'ajoutc::r ;\ notre tour que cette dernière pensée n'est pas compktemcnt exacte et fait une confusion très dangereuse entre les causes premières et les causes secondaires de la ré\'olution : de même que nous repoussons l'idée exprimée par d'autres que l'introduction des esclaves a été la seule cause de la prospérité de Cuba. Car ce n'est pas cette circonstance-ci ou celle-là, mais bien la réunion de plusieurs circonstances cxccptionncllcmcnt favorables, qui a place Cuba au-dessus de toutes les Antilles. Son déYeloppcrncnt a commencé par l'ouverture de l'ile au commerce de toutes les nations. Cc n'est pas que tous les droits dont l'Espagne s'était arrogé le privilcgc fussent abolis. Les marchandises destinées à Cuba étaient au contraire bien cataloguéL:s et divisées en quatre categorics distinctes. La prcmicre comprenait les produits espagnols apportés par <les navires battant p,willon espagnol; la dcuxicrne les produits espagnols sous pavillon étranger; la troisième les produits étrangers sous pavillon espagnol et la quatribne les produits ctrangers sous paYillon étranger. Les droits sur les diflërcnts articles étaient gradués de ï 1/2 à 33 r/2 °/o nd v11lore111. Cc tarif, établi en 1809, c'est-à-dire alors que beaucoup de pays n'avaient pas encore reconnu la nécessite et les bienfaits du libre echangc, fut un grand progrès et les Cubains térnoigncrcnt au roi Ferdinand \lI une gratitude dont le monarque se montra plus tard tout à (ait indigne. i\lais ounir l'ile aux na\'ircs étrangers aurait été peu de chose si Cuba n'ayait pas eu en clle-mêm<' les élérnL:nts indispensables pour alimenter un commerce ininterrompu avec les États-Unis, l'Anglctcrrc, la Hollande et la France, qui étaient alors les nations les plus riches, en même temps que les plus avancées. La production du sucre et du tabac, sans parler de celle du café, du cacao et d'autres denrècs moins importantes, prenait une extension inouïe, grâce aux capitaux qui arrivaient des colonies anglaises et françaises. Dans celles-ci, la traite des noirs aydnt été abolie, à partir de 1812 avait commence une période de perturbations, légcrcs et de courte durée si l'on veut, mais toujours suffisantes pour déterminer l'émigration des capitaux peureux \'ers Cuba. Ajoutons que le fait de pouvoir importer des csclav<.:s dans cette île, lorsque cc commerce dégradant aYait cessé partout ailleurs, offrait aux planteurs l'aubaine d'une main-d'œuvrc à très bon marche. C'est ainsi que la population s'accroît, à partir de 1810, dans les proportions que nous aYons dites plus haut et avec clic la richesse des planteurs de sucre, qui, peu à peu, ont refoulé les producteurs d<.:tabac à Vuel!a Abajo, la région qui fournit le meilleur tabac <lumondL. Il est impossible de donner une idée exacte de l'essor pris
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