LA REVUE SOCIALISTE industriels métropolitains. Le pacte colonial aboli de 110111 subsiste encore en fait et la persistance de cette faute ou folie économique accable le producteur, cntraYc l'introduction des machines indispensables pour raffiner le sucre, et rend de jour en jour plus terribles les conséquences de la crise que l'industrie du sucre traverse depuis_ quelque temps. Les lois cornmcrci:iles du 30 juin et du 20 juillet 1882, promises après chaque insurrection des Cubains et finalement édictées pour montrer que le gouvernement espagnol se souciait réellement des intérêts de la colonie, obtinrent un résultat tout A fait contra.ire au résultat désire. En effet, en supprimant par la prcrnicrc de ces lois les droits qui grevaient les produits de Cuba, sauf, toutefois, les plus importants, tels que l'eau-de-vie, le tabac, le sucre, le cacao, le cafè, le.chocolat, qui demeurèrent g1:evés temporairement, et en réduisant par la loi du 28 juillet les droits de l'importation de l'Espagne à Cuba - le législateur se proposait apparemment d'établir le cabotage entre la métropole et sa colonie et de venir en aide à la marine marchande. Mais les agissements de la bourgeoisie espagnole firent qu'ensuite « les droits, soi-disant /e111poraires, appliqués aux principaux (uniques, serait plus exact) produits cubains )l, devinrent définitifs par le fait que l'Espagne n'avait aucun intérêt à les abolir, tandis que les droits imposés aux produits de la péninsule ont totalement disparu en 1892. Le cabotage, comme dit très justement M. Varona, s'effectue bien d'Espagne à Cuba, mais il n'existe pas de Cuba à l'Espagne (1). Cela cependant n'aurait pas encore suffi à mettre le marché cubain ;\ la merci de la production espagnole comme le désirait la bourgeoisie de la métropole, heureuse d'un monopole insensé qui lui rapporte chaque année de gros bénéfices. Le gouyerncmcnt s'est chargé de cette besogne en faisant \'Oter par les Cortès un tarif tres élevé pour les articles étrangers. Personne ne saurait jamais se faire une idée précise des exccs auxquels est arrivée l'Espagne dans cette exploitation de Cuba. Les chiffres seuls, dans leur éloquente sécheresse, peuvent renseigner avec précision le lecteur. Certains produits étrangers sont surchargés à leur entrée dans l'ile d'un droit qui oscille entre 2,000 et 3,000 °/o, comparativement aux taux des articles de provenance espagnole. « Cent kilos de calicot paient 13 fr. 30, s'ils viennent de lapéninsule, et 236 fr. 30 s'ils viennent de l'étranger. <( Cent kilos de bonneterie, \'enant d'Espagne, paient 54 fr. 75; le même article, arrivant de l'étranger, est taxe 975 francs pour la mê1nc quantite. (1) Enrique José Varona. - Cuba contre Espague, page 24.
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