La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

POURQüOl GUBA ET LES PHILIPPINES SO. T EN l~SURRECTIO!\ 417 reur deSlautrcs pays, a,·ait déj:'t amené une cspécc de concession particuliérc pour les naYircs anglais, auxquels l'Espagne permit de jeter l'ancre dans les ports de la Havane, tk Porto-Rico et de Porto-Bello. Il est vrai que cc principe consacré par le traité d'Utrecht n'avait été admis que pour le commerce des esclaves, mais tout imparfait et limité que pùt paraître ce droit, il était déjà le commencement, nous dirons même la ratification d'une ré,·olution administratiYC et commerciale. L'Angleterre importa à clic seule plus <le I..J.-1-,000 csclaYcs, dont une partie était destinée à Cuba. A partir de la fin du dix-huitième siècle, tous les navires, appartenant ù n'importe quel pays, furent admis i la Havane ,et dès cette époque commence la splendeur de Cuba. Toutes ses terres furent défrichées et mises en culture, ses forèts majestueuses dl'.·trnitcs pour faire place :\ la canne ù sucre. La population augmentait considérablement d'année en année à cause des blancs, Anglais et Espagnols, qui arrivaient de tout côté et des esclaves qui étaient introduits par milliers. Un écrivain allemand, M. Larrinaga, est d'avis que le chiffre de 225,574 donné par Leroy-Beaulieu (1) ne représente pas le véritable nombre des esclaves importés ù Cuba. Peut-être le chiffre de 500,000 pourrait seul nous rapprocher de la vérité (2). Que l'on songe en effet, qu'à partir de l'année 1790, la moyenne des esclaves introduits dans l'ile est de 20,000 à 2 5,ooo par an jusq u'cn 18 ro, et de 2 j ,ooo à 3 5 ,ooo de 18 ro ù 182 5. A partir de cette époq uc, nons atteignons une moyenne de 35,000 à 42,000 jusqu'en 1835. L'introduction de ces malheureux négrcs devint moindre ensuite, mais clic se maintint quand même à un chiffre considérable, car M. Larrinaga donne ,encore une moyenne de 24,000 esclaves importés chaque année par un nombre de naYires qui variait entre 30 et 50 (3). Même en 1870, la traite n'avait pas pris fin et plusieurs milliers de négrcs débarqucrent comme esclaves à la Hava1îc sous l'œil du gouverneur général. En présence de pareils faits, qui sont par eux-mêmes une honte éternelle pour le catholique gouvernement espagnol, nous sommes obligés d'accepter le sévére jugement de M. Mestre Amabile (4). L'orgueilleuse Espagne a manqué à la foi jurée et à la signature donnée. Elle avait promis d'abolir la traite des noirs et, aprcs avoir encaissé les dix millions qui lui avaient été payés par l'Angleterre, son gouyernement oublia la promesse. C'est alors, ajoute !'écrivain que nous venons de citer, que commence l'ère désormais ininterrompLÎe des conspirations et des (1) Paul Leroy-Beaulieu. - La Colonisation cbe{ les peuples 111odtnzes. Quatrième é,lition, page 25 2 et sig. (2) Larrinaga. - Die wirlbscbafllicbe Lage Cuba's An/111iipfe11ad11die Euf-1,icl.-elw1g der fusel. Leipzig, 188r, page 32. (3) Larrinaga. - Loco cil. (4) Mestre Amabile. - La Q11eslio1c111bai11el le co11flil bispa110-a111éricai11. P.nis, 1896, page 20.

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