La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

4ro LA REVUE SOCIALISTE les travaux en train. Tous les ouvriers furent recrutés dans la ville, sans distinction de parti; on choisissait cependant, surtout, des péres de famille; qui ont, bien entendu, plus grand besoin de travail que les autres. Il n'y eut pas jusqu'au maçon Lafiole, le vieux radical mangeur de prêtres, qui ne fut aussi employe. Ne fallait-il pas qu'il nourrit ses quatre petites filles? On trouva cela trés beau de la part de 11. le cure. Les réparations terminees, la nouvelle maison d'école a\·ec ses grandes salles hautes et claires, son beau jardin intelligemment aménagé pour les jeux, contrastait brillamment avec la vieille ecolc communale, noire, sale et basse, sur le chemin poussiercux. Et il était impossible de la réparer, celle-là. C'est une neU\'e qu'il cùt fallu bâtir. Mais comme nous l'avons dejà dit, le conseil municipal n'était pas en fonds. Dans cette impuissance, on y était de fort mauvaise humeur. D'autant plus que M1k Bonnasson, l'institutrice dévouée qui depnis quinze ans luttait pour l'amelioration de l'enseignement, ne cessait de signaler le danger. - Dans deux ou trois ans c'en sera fait de notre école, disait-clic, si nous ne luttons pas énergiquement. Cependant, les debuts de l'école congréganiste furent assez modestes et la grande majorite des enfants retourna à l'ancienne école. Mais l'institutrice continuait à s'inquiéter pour l'avenir. Elle voyait 1'11abilcorganisation qui déjà fonctionnait. Plusieurs religieuses s'occupaient activement de leur petit nombre d'elévcs comblées de soins et de chatteries. Les dames de la Societé de Petit-Bourg venaient réguW:rcment à l\'.'.coledistribuer des petits présents, des compliments, des encouragements. On apprenait aux enfants à chanter des cantiques à deux voix, et à faire la revérencc, et déjà les petites filles du menuisier Laprunc avaient appris à saluer de la tête en dames, tout comme la c< demoiselle » du receveur d'enregistrement. Le récit de ces splendeurs, la description des goûters du dimanche au clütcau ou dans les diverses maisons bourgeoises de l'endroit, l'arbre de Noël enfin a\·cc ses lumières et ses prescnts, tout cela amplifie, commenté à l'infini, troublait fort les élèves de l'ecole laïque, en,·ers qui les ;iutrcs prenaient de grands airs. L'effet redouté se produisit. A la rentrée de Pâques, quand, paré de sa jeune verdure, le grand jardin de l'école des sœurs commença à embaumer des senteurs du printemps, une douzaine d'enfants abandonnérent la vieille et triste maison, ou l'on ne savait les regaler que de leçons d'histoire, de geographie, de grammaire ou de morale des moins amusantes. Elles n'eurent pas lieu de s'en repentir. On passa un été gai à l'ecolc des sœurs, dans la prt.':paration et l'attente de la distribution des

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