La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE depuis longtemps réclamées. Au mois <le janvier 1871 ! Et on réclamait depuis octobre 1870 ! Trois mois d'attente, de fiévrc, d'angoisse! Trois mois pendant lesquels les bataillons mal equipés et mal armés faute d'argent n'ont pu sau\'Cr que le patrimoine d'honneur! Qui pourra nier que si, dés le premier cri de douleur de la patrie, la Banque cùt offert son tresor de guerre la fortune des combats cùt pu être changl'.:c ! Elle a fait cela, cependant, cette Banque, clic a commis cc crime! Et la France a etc par clic contrainte d'aller emprunter à l'étranger: elle a contracté l'emprunt i'vlorgan, et, dernier coup porte;\ la légcn<lc, c'est un régent de la Banque de France, l\I. de Germiny, qui, en Angleterre, négociait l'emprunt - l'emprunt rendu nécessaire par le refus et les ·réticences de la Banque <le France - un <.:mprunt :'t 18 °/ 0 de perte. Dira-t-on qu'une Banque d'État aurait agi de la sorte? Ne Yoit-011 pas au contraire qu'dlc cùt etc l'auxiliaire désinteressl'.: de la nation? Et pourquoi? Parce que la Banque d'État ne verserait pas de di\'idcndes à d':iprcs actionnaires qui n'entendent pas, m~mc dans la dl'.:tressc publique, perdre leurs profits. C'est pour defcndrc les dividendes que la Banque de France a ainsi agi. C'est pour les defcndrc encore qu'elle agirait ainsi demain. Argument terrible contre la prescncc de cc capital de garantie, capital mort, inutile s'il n'est pas infl'.:cond ! mais consideration utile à relever, car clic montre une fois de plus cc que vaut le patriotisme des classes possc'.:dantcs. Ainsi, deux fois dans cc sic'.:clc, notre pays a fait la dure expérience. Après \Vatcrloo, quand le peuple de Paris courait au rempart, s'i:111nortalisait par une dt'.:fensc héroïque, les banquiers imposaient la paix, la paix fructueuse qui ramc'.:nc les affaires et permet l'agiotage et la spéculation. Et en 1871, la Banque de francc refuse au pays l'or nécessaire à sa défense. Aprés cela cc seront les journaux dont la caisse est alimentée par la haute Banque qui dénatureront notre internationalisme et feront entendre de mùles invocations à la patrie. Seulement leurs maitres l'ont toujours li,-rl'.:c-quand se levaient pour la défendre les hommes du peuple. * * * Ainsi, voilà la prcmiérc partie de cette étude achevée. Qu'en résultc-t-il? C'est que la Banque a emprunté à l'État par l'exercice du privilège sa prcmiérc force, par des mesures exceptionnelles ( suppression des banques concurrentes, établissement du cours force) une force de dc'.:vcloppement plus grande encore. C'est que la Banque a cmprnnté et emprunte encore à la nation sa prospérité. C'est qu'en retour de ces éclatants services - elle en a rendu d'infimes, ceux que

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