RENOU\"ELLEMENT DU PRIVILÈGE DE LA BA>:QUE DE FHANCE 397 la fatalité economique lui imposait et eùt imposés a toute autre banque - tels que la cdation de succursales, l'abaissement du taux de l'escompte, l'accumulation des milliards de l'encaisse. Pareille constatation nous conduit à poser cette question : Pourquoi une banque d'État n'eùt-elle pas joué le même role? Pourquoi aurait-elle été daYantage tributaire de la nation et de l'État? En tout cas, qui ne voit que, débarrassée de l'inutile et perilleux rouage du capital-action, el!'c eùt rendu à meilleur compte et plus vite les mêmes services? qui ne voit surtout qu'a l'heure des suprêmes périls elle eùt mieux secouru la nation e1wahie ! S'il en est cependant qui ne veulent pas se rallier à cette thcse,- et qui veulent conserver l'établissement actuel de crédit, - :i ceux-là aussi notre étude s'adresse et ils peuvent tirer profit de notre démonstration. S'ils veulent conserYer la Banque de France, ils veulent sans doute lui arracher des concessions nouvelles. Abusés par les légendes, ils ont pu croire que jusqu'ici b Banque avait contribué de tous ses efforts à la propagation du crédit public et que ses services en nombre et en éclat étaient incommensurables. Une telle constatation les rendait timides dans les revendications nouvelles. Or, s'ils pensent avec nous que la Banque a peu fait jusqu'ici et que surtout elle a accompli sous la pression des circonstances son œuvre, - ne pourront-ils réclamer des concessions plus hautes que celles que sollicite le projet actuel du gouvernement? Or, ces concessions sont dérisoires. Les aYantages nouveaux sont infimes. Cc sera notre devoir de le d6montrer et ici notre étude contiendra la critique du projet gouvernemental. Nous _Yerrons que le gouvernement réclame peu, que la Banque accorde moins encore - et que toutes les réformes s'arrêtent devant le conseil des Régents, immuable repr~sentant d'actionnaires égoïstes qui veulent, contre l'intérêt de la nation, défendre leurs profits fructueux toujours, et même usuraires. Nous verrons par là que, tant que seront présents les actionnaires, la nation sera dupée et n'obtiendra rien. Ainsi se posera la question de vie et de mort pour le capital-action. Ainsi, par deux routes différentes, les partisans de la Banque d'État et ceux qui, sans se rallier à cette thcsc, veulent cependant des réformes, se rejoindront. Tant il est vrai que la vérité apparaît toujours, sous le simple effort de la critique indépendante - et qu'elle a toL1jours raison des légendes intéressées. RENÉ VIVIANI. (A rnivre.)
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