RENOUVELLDIE::--T DU PRIVILÈGE DE LA BA~QUE DE FRANCE 393 Banque qui a toujours dffcnclu l'existence de la troisième signature. C'est clic qui a interdit qu'on la supprinüt. Elle est donc responsable, si le commerce est victime. Et pourquoi a-t-elle toujours rèclamè la troisième signature? Parce que les banquiers intern1édiaircs, « ces fripiers de banque ))' dont parlait si rudement Regnault de Saint-Jeand'Angély-disparaitraicnt. Or beaucoup de ces banquiers sont actionnaires de L1 Banque de France, porteurs de titres, électeurs au conseil des Régents. Quelques-uns m0mc font partie de cc conseil des Régents et, consultés, s'opposent toujours :'t la suppression de la troisi.'.:me signature a\·cc l'énergie que mettent toujours les intéressés :'t dl:fcndre leurs profits. Ainsi voilà à quoi se réduit le prétendu scn·icc rendu par la Banque de france au commerce. A sa place, une Banque d'État se fùt résignée comme elle et de meilleur cœur :'t l'abaissement de l'escompte que nul ne peut empêcher. Elle cùt laissé supprimer la troisiemc signature - et par conséquent L't l'escompte serait vraiment de 2 °/oNous montrerons bientôt d'ailleurs, en cc qui concerne l'escompte, que le rôle d'une Banque d'État est de l'abaisser au taux le plus bas. Troisième service que la Banque aurait rendu au pays. Elle :i, par sa sagesse et par sa prudence, :iccumulé peu à peu une encaisse métallique, la plus considérable qui soit au monde, cgalc aujourd'hui à 3,300 millions. En fait il est exact que pareille encaisse existe. M:iis ici :iussi, ici surtout, la Banque, loin d'agir comme elle a voulu, s'est résignée aux faits économiques. D'autre part la présence dans ses caYcs de pareille encaisse est, du moins en temps de paix, sans gr:ind intérêt. Pourquoi, en cflc't, la Banque :i-t-cllc accumulé dans ses coffres cette encaisse? C'est que le numéraire est deYcnu, dans les operations sociales, un instrument imparfait et incommode. Chacun l'abandonne pour le remplacer p:ir le billet de b:inquc, ou le virement, ou la compensation, ou la lettre de change, Que devient cc numéraire dont le.: commerce et l'i1,dustrie se débarrassent? Il s'ecoulc et par une pente toute naturelle va s'engouffrer dans l'immense réservoir de la Banque. La Banque, uniquement parce qu'elle existe, reçoit cc numéraire, sans qu'un acte de sa volonte, sans que sa prudence, s:i sagesse, soient en rien à retenir. Cc numéraire peut-il être de quelque utilite? Évidemment non et plus le progrès s'affirmera, plus cette utilité disparaitra. Nous l'avons dit. Le numérnirc n'est plus dans les échanges l'instrument principal et même unique qu'il était autrefois en l'état rudimentaire des opérations de banque. Il a .éte supplanté. Cela est si vrai que depuis longtemps il a été procla1I\é que le numéraire n'ét:iit pas la caractéristique de la richesse d'un pays. Cela est si vrai que l'Angleterre, qui est très pauvre en numeraire, arrive à un chiffre d'affaires plus considerablc
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