La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

392 LA REVUE SOCIALISTE succursales ont été progressivement créées par la Banque. On oublie cependant qu'il a fallu lui imposer cette mesure prise à regret par clic sous la pression des pouvoirs publics et sur la réclamation du commcrrc. Dl'.:sle début de son organisation, la Banque ne se résignait qu'avec répugnance :\ la nécessité de créer des succursales - car clic redoutait que les porteurs de billets ne se présentassent en même temps, dans une époque de crise, pour exiger le remboursement en numéraire. Or, clic redoutait ces demandes générales auxquelles il lui aurait été impossible de faire face. - Et puis on oublie trop volontiers quc chag uc succursale créée est une source de profits considérablcf. pour la Banque. AYcc chaque succursale s'accroît le nombre de ses affaires, et par suite, s'augmente le chiffre des di\'idcndcs. Il ne faut -donc pas la remercier d'un scrYicc qui lui fut sou\'cnt imposé et qui est pour clic matil'.:rc à profits considérables. Autre progrl'.:s dont il faudrait que nous remerciions la Banque. La Banque de France a fait baisser l'escompte à 2 °/ 0 - tandis que dans les autres pays, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Autriche, l'escompte est de 3 °/o, de+ 0 /o, de 5 1/2 °/o, Par la comparaison même aYcc les autres pays éclate le scr\'icc rendu au commerce par la Banque. Nous Ycrrons tout :'t l'heure qu'il est inexact de dire que l'escompte soit de 2 °/o :'t la Banque de francc. Mais tenons-le provisoirement pour certain. Qu'importe? A qui fcra-t-on croire que la Banque a, par clic-même et Youlant rendre service au commerce, abaissé l'escompte? Ici encore la Banque de France a subi la force économique des choses et s'est soumise à la loi du progrés. C'est poursuivie, harcelée par les établissements privés, que la Banque de France en est arrivée à cc chiffre officiel qui, comme on Ya le Yoir, ne représente pas le véritable escompte réclamé au commerce. Sans doute le commerçant ne paie officiellement que 2 °/ 0 au guichet de la Banque. Mais, a-t-on déjà oublie le jeu de la troisicmc signature? A-t-on oublie que le commerçant doit rapporter, pour obtenir le crédit, la signature d'un banquier qui Ycnd son intermédiaire et prclcYC un courtage? A combien monte cc courtage? à l 0 /o, 2 °/o, 3 °/0 selon les moments et les rcgions. Donc !,.escompte est égal à 2 °/o, il est vrai, mais en y ajoutant le prix de la signature - soit cxaqtement 3 °/o, 4 °/o, 5 °/o. En Angleterre, :\ la Banque, l'escompte est de 2 1/2 °/o ou 3 °/o• Mais il n'y a pas de troisiémc signature et cc chiffre officiel n'est pas factice. En vain dira-t-011 que cc n'est pas la Banque qui encaisse le prix versé de la troisiémc signature. Peu nous importe. Il nous suffit, examinant quel scr\'icc a cté rendu au commerce, de constater que l'escompte lui est chércmcnt Ycndu. D'ailleurs il ne faut pas oublier que c'est la

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