La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE le fait subjectif, original et élémentaire d,ms la société. C'est la cc conscience de l'espèce » qui caractérise vraiment l'homme social, les groupements et les socil'.:tésdiverses; c'est :iutour d'elle que viennent se disposer le.s mobiles secondaires des choix, de désirs et des volitions sociales. On n'élaborera vraiment une« interprétation subjective» complète de la société que si l'on étudie toutes les nunifestations de la conscience de l'espèce. M. F.-H. Giddings, en réhabilitant ainsi la méthode psychologique, en lui donnant une place même supérieure à celle qu'il accorde à la méthode physique, se sépare nettement de ceux qui, tels que M. René \.Vorms et M. P. de Lilienfeld, font de la société un simple organisme, et de la sociologie un chapitre de Ja biologie. Sans doute, il admet que l'association primitive est conditionnée presque uniquement par le milieu physique, l'abondance des ressources alimentaires, le « contact ou le conflit avec des individus ou des choses ». Mais alors apparaît dans cette association de premier degré une cc conscience de l'espèce» qui détermine une association plus complète et plus forte, et <'.:veilleles choix et les volitions sociales ; celles-ci à leur tour r6agissent fortement sur le mode d·association, et l'on revient ainsi au processus physique. L1 sociologie aura donc à résoudre les principales questions suivantes : « découvrit les conditions qui dc'.:terminent la simple agrégation; déterminer la loi qui gouverne ks choix sociaux, c'est-à-dire la loi du processus subjectif; fixer la loi qui pn;:side à la s6lection naturelle et à la survivance des choix, la loi, en un mot, du processus objectif». M. Giddings circonscrit avec sagacité le domaine propre de la sociologie et il en ordonne les problèm:s avec une sévère logique. La deuxième partie de son ouvrage, qui est une application de sa thforie, sans être très fouillée ni trcs documentée, en fait ressortir encore la netteté et la justesse. R.F. * * * Ch. LETOURNEAU. -L'Évolution de l'esclavage dans les diverses races humaines. - r vol. in-8, chez Vigot frercs. Paris, 1897 M. Lctourneau, poursuivant ses études monographiques sur les principaux Llits sociologiques, vient de traiter !'Évolution de !'Esclavage. L'ethnographie et l'histoire lui ont fourni ses documents; 1\1.. Letourneau examine successivement les diverses races qui peuplent la terre, et il se demande comment, dans chacune d'elles, l'esclavage est né, quelles transformations il a subies, sous quelle forme il se présente aujourd'hui ou quelles survivances il a laissées. Tous les peuples, en effet, tous ceux du moins qui se sont élevés audessus de la barbarie primitive, ont connu l'esclavage, et, si l'on en croit M. Letourneau, celui-ci aurait évolué chez tous d'une manière identique: la diversité des institutions actuelles tiendrait aux progrès inégaux que les races humaines ont faits dans une voie commune. Et ainsi de cette étude pourront sortir des conclusions générales touchant le passé, le présent et l'avenir de l'esclarnge.

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