La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES 1.1\'RES teur insiste avec raison sur l'importance de la question do: méthode èl sur la valeur essentielle de la science sociale. Il rewnnait l:1 né..::essité de prendre pour base la réalité, de partir de faits démontrés; mais il constate l'insuffisa1KCde la méthode historique pour pré,·oir et régler l'avo.:nir d.: l'humanité ; il veut faire leur part au sentiment et à l'idée dans l:t mar.:he des choses humaines; il veut sub~tituer une acti\'ité de plus en pius ..::onsciente :t l'évolution fatale de forco.:saveugles; et il recommand<.:, une fois qu'on a solidemc.:nt établi des principes tirés de l,1 nature des choses, d'user de la déduction trop longtemps pros.::rite des études sociologiques. Il tente déjil une application de l:t mt'.:thode qu'il prt'.:conisc, en prenant, comme nous, pour but k dheloppement intégral de l'indi,·idu et pour moyen une organisation sociale conforme :'i la raison et :1la justice. li montre le soci.1lisme ainsi conçu comme le développement logique et l':iboutissant naturel du régime démocratique, comme l':ipplication de la formule de la Révolution : Liberté, Égalité, Fraternité. Ces idées sont trop semblables aux nôtres pour que nous puissions les critiquer. Nous regrettons seulement que l'auteur semble ignorer œux des socialistes franç:iis qui, :1 càtt'.: de lui et :ivant lui, professent et ont professé k~ mêmes doctrines. Nous espérons que, mieu:-- informé, il sera un bon soldat de plus autour du drapeau que nous défendons. GEORGES Ro:.-,RD. * * * Princip~s de sociologie, par Franklin-H. Grnor~cs, professeur de sociologie ù l'Univcrsit<'.:de Colombie C\/c,Y-York). - Giard ,.:t Bricrc, c.:·ditcurs. Voici un essai de sociologie systématique intéressant au plus haut point. li est vrai de dire qu'il vient à son heure; il était temps de jeter un po.:ude lumi<'.:re·dans la confusion des théories, dans le chaos des conceptions opposées, de préciser, en un mot, l'idée sociologique, la notion et les mt'.:thodes de la jeune science. M. F.-H. Giddings le fait di.: fort remarquable façon, et en dépit des obscurités de la traduction - qui n'est certes pas un modèle, - il est relativement facile de sui\'re sa pensée d'un bout :'i l'autre de la partie purement théorique de son ouvrage. Il détermine d'abord l'idée sociologique, en fait un cours historique, et ·définit l'objet de la sociologie, qui est d'étudier les phénomènes et les lois de la structure et de la croissance des sociétés, à la fois au point de vue subjectif ou psychologique, et au point de vue objectif ou physique. En effet, « dans l'acception large et scientifique de son nom, une société est un groupe d'êtres conscients en voie de développement incessant, dans lequel l'agrégat aboutit à des relations définies que le cours du temps transforme en une durable et complexe organisation. » Il faudra donc étudier les faits à la fois au point de vue statique et au point de vue dynamique, et surtout mettre en lumière ci.: que M. F.-H. Giddings appelle d'une façon un peu vague les manifestations de la « conscienc.e de l'espèce». Voilà le phénomène social « par excellence»,

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