LA RE\'UE SOCIALISTE .1cccptl'., comml'. nous le verrons tout de suite, la théorie de la /11/fr dc.i classes. Or le premier mot de cette théorie est que la répartition des richesses et l'organis.1tion sociale et cette lutte se trouvent dans une dépend,1nce mutuelle. Il est donc inutile de réfuter son assertion, puisqu'il la réfute si victorieusement lui-méme. Du reste, 1111'.:meen !,lissant tic coté l,1lutte des classes, on peut dire que l'auteur est encore en contradiction a,·ec lui-même. Est-cc qu'il n ·.1ffirmait pas tantot que ks termes« c1use », « ctfot » sont inapplicables d.111sles phénomènes sociaux, c'cst-:1-dirc que la rép,trtition des richesses, la n.nure humaine et les formes soci.llcs se troll\·cm dans une dépendance mutuelle' Et voici qu'il présent il veut Liire p.1sscr la « n,nure humaine >> pour « c.1u,c » de l.1 rép,1rtition des richesses ! D.111sle dernier chapitre ~ur « la physiologie sociale >> nous ne rclè,·erons qu'u11 seul point. L'auteur s'y proclame partisa11 d..: la théori1:: de b « lutte des classl'.s >> qu'il considérc :wcc les socialistes, co111111«c le gr.rnd f,1it qui domi11e l'histoire >>. 11rcco111111and.m.:é1111s..o:us cc rapport les ouvrages de J.;:.irI\farx comme « dignl'.s de la plus gr,1ndc ;lttention >>. Il y ,1 seulement une petite diflîculté : la base ,·érit,1blc de la « lutte des classes >> se trouve pour .:\farx dans le 111011opolepropriét,1ire; retirez cette base et toute l.1 théorie tombe à plat; il reste à sa pl.tee la « théorie de l'harmonie des intérêts ». Cette h,1rmonie existe d.111scc cas mè1nc entre les intérêts « d'un simple ouvrier et d'un grand propriéuirc terrien >> (p. 386), comme l'e11seign.lit déj,\ \lcnenius Agrippa. Or, i1moins que i\I. Pareto nc ,·euillc reconnaître avec .:\farx l'existcnce du monopole propriétaire et de l'cxploiution dont il est la source, nous 11csavons ce que la lutte des cl,1sses ,1 ù faire dans toute cette harmonie. L'.1uteur est tombé dans cette incohérc11ce et s'y démène d'une f.1çon ,-r~iiment cm barrasséc. Tout son linc a été cons:1cr.'.:à démontrer que le n:gime cxist:rnt assure le maximum d'ophélimité et ,·oilà qu'à la fin vi<::tlt s'y glisser une théorie qui bouleverse la première de fond en comble et démontre que cette même société est basée sur une spoliation systématique exercée par une classe aux dépens de Liutre. Et alors qu'est-cc que ,·ous f.tites de votre f,11rn:ux « maximum d'ophélimité >>? Entendons-nous bien. Il ne s'agit pas ici d'u11e exploitation sporadique basée sur un monopole passager ou sur le protectionnisme, M. P.1ret0 nous pnrle ouvertement « d'une classe qui s'efforce de s'emparer du gom·ernemcnt pour en faire une machine il spoliation >> et il déclare que cette spoliatio11 exercée par une classe sur l'autre est « le grand fait qui domine l'histoire. » Il ne peut y avoir aucun doute : il s'agit ici bel et bien de la lutte des classes de Marx, proclamée en ses propres expressions. Or pour Marx, c'est la classe qui possède le monopole propriétaire qui s'empare toujours du gouvernement. Et cc n'est pas par hasard que cela se fait : c'est la persistance mémc de ce monopole qui l'e:-.igc; c'est gr.ice il l'existence de cc monopole que l'État est, scion Marx et ses adeptes <' les socialistes populaires », une org.misation de la cbssc possédante qui sert il exploiter la classe travaillante. S'il a,·ait s.lisi toutes les conséquences de la théorie de la lutte des classes, M. Pareto se serait bien gard6 de !'accepter. L"autcur comprend vaguement Li contradiction oü il tombe, il ,·oudrait s'y soustraire et alors il se débat en pleine confusion. En voilà un exemple frap-
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