REYUE DES LIYRES pant. « Il est certain - dit-il - que, lorsque la classe dominante se n:.:rute par hl'.:r.:dité ou par cooptation, son joug est plus odieux que lorsqu'elle se recrute par élection ..... » Et il donne .:et l'exemple : « Il n'est pas du tout dl'.:montrl'.:qu'un gouvernement oligar.:hique aurait l'.:t.:plus malhonnête que ne l'a .::té la municipalité de ~cw-York élue p,1r le sutfr.1ge uni\·ersel » (p. 38ï)- Jci la confusion de la classe avec le goll\·ernemcnt est é\·idèntc. M. Pareto ,1urait plein droit d'affirmer qu'il ~-a souvent, ou même toujours, des gouvernements malhonnêtes qui emploient leur innuen.:e comm..: mo_,·cn d'exploitation. Cela pourrait trés bien se concilier ,l\"ec la thl'.:oricdu maximum d'oph0limité. J\Iais il serait étrangè de b part de .:--1.Pan.:to d'affirmer que t0ute la classe dominante contemporaine, Li bourgeoisie (recrut0e p.1r 0b:tion ?), est fonci.:rcmcnt malhonnête et que c'est gdce il cett..: malhonnêtetl'.: qu'elle emploie le pouvoir comme moyen d'exploitation. Si cc n'est nulhonnêteté, il doit y avoir une autre .::1us..:: le monopole propri0tairc. Si enfin il 11 'y a ni malhonnétet0, ni monopole, il n'y a ni exploitation, ni lutte de cbssc: il y a harmonie d'int0réts. Ou peut-être que 111. Pareto comprend sous « cLhse do- . minante », non pas toute la bourgeoisie, m,1is seulement cette: fra.:tion qui se « recrute par élection » ? Mai~ alors nous retombons sur le premier terme de l'altcrn,1ti,·e: un gom·ernement malhonnête, et il n'y a pas non plus dl' lutte des classes. L'incohl'.:rence du liHe est cnwre aggrav0e p,1r un regrettable manque de plan : les diYerses parties ne se lient pas, la même question èst souvent tr,1itée en dèux ou trois endroit~ différents, de tdlc façon que J\1. P,1rèto se sent obligé tk justifier ces défauts de construction par des exigcn.:es péd,1gogiques (Conclusion). « Et les m,1thématiqucs? me direz-\·ous, cst-.:e qu'elles ne le tirent p,1s d'affaire?" Non, car la m0thode math<'.:111,1tiquest un puissant instrument de déduction et de logique, mais les poims de départ du raisonncme11t en sont tout ù fait indépendants. Or c'est justement dans ces points de dl'.:part qu'est l.1 f.1iblesse du li\Tc de M. P,treto. Et il faut reconnaître qu'il n'abuse pas des math.:matiqucs pour jeter de la poudre aux _,·euxdes gens ou pour faire taire la critique, quand il est à court d'arguments. Au contraire, dans l,1 préface de son livre, il dit : « Le texte de cet om-rage peut .'.:tre lu par toute personne possèdant seulement une culture générale. » Dans le premier Yolume, où l'auteur expose les idées de ses prédécesseurs en économie pure, le caractére s.:ientifique était incontestable; mais dans le second, où il commence il appliquer ces idées à la société réelle, ce n'est plus de la science, mais de la littt\4:ature qu'il nous donne, littérature pleine d'impr0vu et d'incohérence. Comme littérateur, M. Pareto a de gr:tnds mérites. Son livre est d'une lecture intéressante et agréable. L. \\'JN!ARSHJ. * * * La Politique aux États-Unis, par Louis WuAIUN, professeur à l'UniYersité de GcnéYc La politique aux États-Unis nous présente un phénomène très curieux auquel devait nécessairement aboutir le régime du capitalisme. C'est la classe
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