La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES LIYRES de proprit'.'.taircs fonciers. Mais il est rare qu'on ose poser aussi nctt-:ment la question » (page r 2 5). Autre part l'auteur dit : « L:i nationalisation du sol paraît être un remède pire ·que le mal qu 'clic ,·eut guérir » (page 129). Ce qui t:st une affirmation tout i1 fait gratuite. L\1ut-:ur s'occupe encore dans ce chapitre des associations ouvrières - qu'il consid0re comme « la tentative la plus sèrieuse qui ait étl'.: faite pour la protection des ouvriers», -- des grèws, de l'organisation de la production, du salaire, de l.1partiaipation aux bénUices, des bourses de travail, etc. Vient ensuit-: un chapitre sur le comnH.:rcc, où l'auteur s'arrête longuement sur la thl'.:orie du commerce international en donnant une forme plu, prl'.:ciscau th/orhue des co1îts co111parils de Ricardo et dl'.:montrc que des mesures protectrices conduisent toujours il une dc;truction de richesse. Cette as,ertion dans !>a forme absolue est un simple paradoxe. Le même chapitré traite encore de, monopoles, de la spéculation que !,'auteur .:on!,id0re comme « une opèration par l:tquellc on tâche Je se rapprocher le plus promptement pos!,ible dt: la solution ,les l'.:quations de la production ». La conception de l'l'.:quilibn: 0conomiquc 0tant appliquée par l'auteur d'une façon trop lüti,·e, cett-: condusion ne l'est pas moins. _Pour donner une idl'.:cde l'opinion de l'auteur sur les cri,cs économiques, il suffira de faire une citation : « Il nl faut pas se figurer une crise comme un accident qui Yient interrompre un l'.:tatde cho!,eS normal. Au contraire, cc qui cst normal, .:·est le mouYcmcnt ondulatoire; la pro,périté amenant la dépression et la déprCS$iOn recondui~:111t il la prosp0riti'.:. » Or la principale cause de cc « mouvcmcnt ondulatoire ,, se trou,·e, scion l'auteur, « dans ta;nature même de l'homme ,,. Cette explication n'explique rien : les crise, ont en r0alité une cause plus profonde, organique, qui dérange systl'.:matiqueme11t l'l'.:quilibre économique, Le caractère monopoliste de la propriété produit périodiquement un antago11is1rn.e: ntre la producti,·ité des 1111chines toujours croissante et les forces d'achat du peuple qui sont bornées. Cet antagonisme se résout p(•riodiqucment par des crises. Le li\'l"e III traite de la répartition et de hl consommation. La répartition de l,1 richesse peut dépcndre de la nature des hommes dont se compose la société, de l'organisation de celle-ci et aussi du hasard. Or l'auteur essaie de démontrer que la répartition des re,·cnu~ n'est pas l'cff-:t du hasard et qu'elle paraît ne dépendre que faiblement des différ-:ntcs conditions cconomiques des différents pays. La véritable cause du pht:noméne est donc tout indiquée : elle se trou,·e « dans la nature même de l'homme ». Si le socialisme « pouvait pan·cnir à modifier la nature même de l'homme, la répartition de la richesse serait aussi clungée. Mais il ne faut pas croire que l'on puisse obtenir cet effet', simplement en attribuant il la collectiviti'.: l:t propriétt'.: des capitaux fonciers et des capitaux mobiliers·,, (p. 360). Cette malheureuse « nature même de l'homme » a bon dos : on peut la charger de tout cc qu'on veut. Nous convenons que l'auteur a trés bien prouvé que la n:partition des r-:,·enus n'est pas l'effL:t du hasard, quoique on pût s'en douter un peu et sans cette d0monstration. Mais quand il affirme que cette répartition ne dl'.:pend pas de l'organisation de la société, il est inutile même de le combattre; cat il se combat lui-même. Et notamment M. Pareto

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