La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVüE SOCIALISTE brutakme11t apppliquée ii la réalité, cesse t'.:trc de la sci<:nœ t:t devient une fantasmagorie littéraire. En cf-let, peut-on mettre pratiquement le tra\·ail sur k même pied que le capital, comme le fait la théorie pure d'une façon tout à fait justifiée? Non. Les possesseurs du capital peuvent limiter leur offre en plaçant leurs épargnes dans les rentes publiques, cc qu'on ne peut pas faire avec -k tra\·ail. D'autre part, l'hérédité des capacités personnelles est chose problématique en comparaison avec le droit de succession des capitauxi Enfin le capitaliste peut toujours entamer son capital lui-même et attendre l'arrivée de temps meilleurs, cc qui est impossible il l'ouHier, qui ne peut pas entamer son corps. Cette impossibilité d'attendre le met dans une situation d'infériorité ù l'égard du capitaliste et crée pour cc dernier une espC::cede monopole qui équi\·aut il une exploitation. M. Pareto répond à ceci de la manière sui\·ante : « Une objection qu'on a faite contre le salaire ... c'est que l'ouvrier et le patron ne se trouvent pas sur un pied d'égalitt'.: pour contracter; le second peut :mcndre, le premier ne le peut pas. » Aprt'.:savoir dit quelques mots sur l'efficacité des sociétés ouvri<'.:rcs(qui est encore jusqu'ici bien faible!) l'auteur continue : « L'entrepreneur se sépare de plus en plus des possesseurs des capitaux mobiliers; il peut donc de moins en moins attendre; car, non seulement son industrie dépérit, mais encore il est pressé par l'échfonce de:-. intérêts qu'il doit ù ses bailleurs de fonds ». Or personne ne parle ici des entrepreneurs; c'est de ces « possesseurs de capitaux mobiliers », de ces « bailleurs de fonds » qu'il s'agit. Eux, ils pcm·ent attendre : c'est tout ce qm: nous disons. Tout ceci montre que le principe de la libre concurrence n'est pas réalist'.:dans la société existante et que les ouniers sont forcés de vendre leur travail pour moins qu'il nc·vaut. Cette circonstance fait que l'équilibre économique établi p,u la théorie pure ne peut être appliqué à la réalité qu 'a\·cc de profondes modifications. L'auteur ne les a pas introduit~s. \·oilà pourquoi toutes les déductions qu'il fait à perte de vue en· partant d'un principe faux sont dénuées de toute valeur scientifique. Ainsi, :.VI.Pareto commet une profonde nreur quand il suppose que les cntrcpn:ncurs déterminent les coefficients de fabrication, de façon il assurer une somme maxima d'ophélimité pour la société. Le monopolc propriétaire fait que 1c maximum d'ophélimités ne peut pas être atteint par la société existante l:t que les entrepreneurs ne pcu\·ent pas disposer des coefficients de fabrication de l.t ùçon qu'affirme M. Parcto. L'.iutcur passe cnsuitc:t la théorie généralc de la rente qu'il rattache aux difficultés, plus ou moins grandes, dctransfonnation de l'épargne. Suit une analyse ù ce point de vue de la cél<'.:brethéorie de Ricardo. La rente est due - selon l'auteur - aux différences que présentent les capitaux par rapport :\ la facilité avec laquelle on peut les obtenir au moyen dc l'épargne. La rente n'est donc pas spéciale aux capitaux foncicrs. Pourtant c'est bien pour ces capitaux qu'elle joue le rôle le plus important. « On doit se rendre compte - dit M. Pareto - que conclure d'une mani<'.:reabsolue en faveur de l'utilité de la rente, c'est conclure en faveur de l'utilité d'un impôt payé par le reste de la population aux propriétaires fonciers. La chose peut se soutenir, par des considérations sur l'avantage que peut retirer politiquement un peuple, de l'existence d'une classe puissantc

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