REVUE DES Ll\'RES 359 selon Spencer et s'ocrnpe tks attributions dl.' l'indi,·idu c: t de l'État. Les idées de, socialistes « en cette matiC:::re- dit-il - ne sont pas facilement comprchensibles, car elles paraissent procéder plutôt de b foi que du raisonnement. Pourtant, en lisant attentivel\lent leurs écrits, on s'aperçoit que, plus ou moins explicitement, ils admettent une certaine entité métaphysique, qu'ils nomment «État>> et qui possède tout pou1·oir, toute scienœ, toute ,·ertu. » C<.'cin'est vrai que pour certains socialistes de la chaire; quant aux« socialistes populaires» leur idée de l'fitat. n'est rien moins· qu'une entité lllétaphysique : ks socialdémocr,1tes .11lemands, par exelllpk, considèrent l'État comme une: org.111is:1tio11 de la clas,e possédante qui sert :1 exploiter L1classe trav.1illantc:. C'est donc une réalité toute brutale qui n'a rien à faire a1·ec la métaphysique. L'auteu:· ne nous parait p~1s mieux renseigné, quand il affirme que les soà1listes et les anarchistes« 1·oudraient nxonduire la société il un état homogène, en la composant d'indi1·idus absolulllent isoks ». Liberté et hétérogénéité définie sont pour lui :1 peu prC:::s ynonymes. « La diff0n:nci,1tion de, sociétés humaines commence généralement par la formation d'une cLt~se aristocratique.» Voilà, pourquoi, dit l'auteur, cc Louis XI et Richelieu, en France, 1:n abaissant l'aristocratie, ont ét0 les pires ennemis de la liberté ». Pourtant i\I. Pareto reconnait la nécessité d'une certaine tutelle privée et publique. « Une sociétc étant donnée, quelle est l'organisation du gouvernement qui lui assurera le maxilllum d'utilité? Voilà un problC:::mequi est insoluble dans l'é:tat actuel de la science. Cc que nous avons donc de mieux il faire, en bien des cas, c\:st de consen·er les organisations éprouv.:es par l'expérience en tàchant de les améliorer le plus possible. » Le second chapitre traite de la production. L'auteur commence p,1r indiquer la nécessité de prendre le phénomène économique dans toute sa cornplexitC::e:t montre quelques erreurs qui s'y sont introduites gràce aux considérations partielles du mème phénomC:::nc : par exemple la théorie célèbre du « fonds des salai~cs ». Il passe ensuite ù l'étude de la détermination des coeflicimts defabrication dans un état de libre concurrence. On appelle coefficients de fabrication les quantités respecti1·es de chacun des serl'iœs producteurs qui entrent dans la confection d'une unité de produit. La considération des coefficients de production amène M. Pareto à la conclusion suivante : ,c On peut transférer la richesse de certains individus à certains autres en changeant les conditions données par la libre concurrence, soit pour les coefficients de fabrication, soit pour les transformations de l'épargne en capitaux. Ce transfert est nécessairement accompagné d'une destruction de richesse ». Cc théoréme a comrue corollaire que tout monopole donne lieu à une destruction de richesse. En effet, le monopole change les conditions qui seraient établies par la libre concurrence. Autrement dit, il s'agit de la vérité bien connue, établie depuis· un siècle et rigoureusement démontrée par les prédécesseurs de M. Pareto, que la libre concurrence procure aux individus constituant la société le maximum d'utilité subjective. (Nous avons déjà remarqué précédemment que cela ne prouve rien pour l'utilité objective de la race.) Cette 1·érité innocente est appliquée par l'auteur en bloc ù la société existante pour démontrer son extrême excellence. Or la théorie <le l'équilibre économique basé sur le principe de la libre concurrence, ainsi
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