LA REVUE SOCIALISTE ou\·ertcs. Et, du re\te, comm: ll')US le \·errons plus loin, il ne reste pas luimt'.:mefitklc .'i cc principe. ;\[. P,1reto compare la société d'un coté ù un système de points matériels soumis:'! certaines forces et de l'autre à un org,rnisme vivant. Ces deux comparaisons ne lui p,1r,1iss~ntpas s'exclure mutuclkment. Li première est la seule - dit-il - qui puisse faire comprendre les actions et les réactions très compliquées des phénomènes sociaux et donner une idée nette de l'équilibre économique et so..:i,11.La seconde est la meilleure, lorsqu'il s',1git de se former une idée de l'évolution dcs sociétt'.:s : les systèmes mt'.:caniques ne 110us four•• nissent point de lumière sur l.t croissance des socit'.:tés et sur leurs diff.'.:renciations. C'est du simple é:~le..:tismequ~ :'11. l\trcto L1it J:1, de l'é:~le~ti,:n~ purement littér,iire. L'auteur n.:surnc ensuite les rt'.:ccntcs théories sur le role de l.1 v,1ri,1tio11et de la sélection et se r.1ngc ,1 l'opinion de :\1. Del.1ge - contre \Vcissnun - que les variations sont cumulatives, quand elles proviennent des conditions extérieures persistantes. Ceci amène l'auteur ù Li conclusion suivante : si l'individu peut se modifier légèrement, si ces modifications sont hérMitaircs, si la sélection, tout en supprimant les individus les plus faibles ou les plus vicieux, protège au moins les meilleurs, l'utilité subjective (l'ophe/i111ite, comme il dit) de l'individu et l\nilitè de la r.1ce ne seront en antinomie que pour un nombre assez restreint d'individus, elles s'accorderont pour le plus grand nombre. En effet, il faut distinguer entrt: l'utilité subjective de l'individu, entre son utilité objcctivc et entre l'utilité de la race qui sont loin de se confondre. Et même on peut dire que l'utilité subjective d'un grand nombre des individus et l'utilité de la race peuvent parfaitement aller dans une direction tout il fait opposée : les récentes études des sélections sociales L1ttestent. Cette vérité est particulièrement applicable au régime contemporain : il suffit de consulter la statistique de la dégénérescence, des maladies professionnelles et de l',1baissement de l,1 taille. Or quand même M. P,1reto serait parvenu ù démontrer que le régime de la libre concurrence procure ù la société le maximum d'ophélimité - et il ne vise il rien d'autre, - ce régime peut encore être critiqué au point de vue de l'utilité objective de la race. M. Pareto se demande ensuite jusqu'à quel. point on peut comparer les ophélimit\'.:s. Si l'individu demeure le 111.:meet qué la chose change, cette comparaison ne souffre ,1uct111ediffi.:ulté. i\!.1is pour des indi,·idus différents elle est d'autant plus incertaine qu'ils s'écartent plus d'un certain type moyen. « C'cst ce qui explique pourquoi l'on peut comparer le bien-être d'un Français :i celui d'un .\.nglais, qu'il est difficile de comparer le bien-être d'un Anglais :\ celui d'un Fuégien et qu'il est impossible de comparer le bien-être d'une fourmi il celui d'un homme. i> Quant ,'i la comparaison des utilités, elle paraît à l'auteur plus facile que celle des ophélimités. « Si l'on admet, comme cela a lieu assez généralement, que l'utilité, pour un peuple, se confond a\'Cc la prospérité matérielle et le développement moral et intellectuel, on ,1 un cnterium pour établir des comparaisons entre les peuples différents. » M,1is il se peut que ces choses admises soient contestables. L'auteur expose ensuite les principes génér.rnx de l'org:111is.uio11 sociale
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