La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

\ CHRONIQUt THÈATRALE 3-P commencer par Li, mais sans cette divulgation de Li mère :\ la fille, dirnlgation qui rend la situation de celle-ci absolument fausse devant son père et sa belle-mère. Le point de depart choisi par ~1. l---Jcrvicu est pueril et je n'aime pas la conception de sa pièce. i\fais cette piecc est rapide, trop rapide mC:mc parrois, clic est bien ecritc L't n.:nfcrmc .des passages èm us. Le petit acte de M. Daniel Riche, Sous le joug, est ass..:z original. Un mari trompe a pardonné à sa femme; cnYers Llquellc il avait luimême des torts de dedain ou tout au moins de negligcncc. ,\fais 11011, Je monde ne Yeut pas que l'épouse coupable se relève en gardant s:i place au foyer conjugal; le monde dcclare que le mari est non s..:ulcment ridicule, mais complaisant. L'harmonie, l'apaisement, b co11- -cordc, lui font horreur. li jabote, il médit, il clabaude si fort que les -deux époux, sous le joug des conventions sociales très puissantes dans leur petite ville de pro,·incc, sont obliges de se sèparcr maigre leur -propre Yolontè. Prèsentéc d'une façon un peu sommaire, l'idée est ingénieuse pourt:rnt et l'obscn·ation juste. Que de choses absurdes le . monde aveugle nous (orcc à faire malgn'.: nous! De quelles ·choses excellentes, et que nous Youlons, ne sommes-nous pas detournes par les tyranniques préjuges de la foule! Mi\,!. J.-H. Rosny, dans la Prolllesse, nous racontent une sorte de marivaudage grave qui fait réflèchir. Je dis mari\·audagc parce que les personnages destines à s'unir se forgent cux-mC:mes des entraves:\ leur union avec des chicanes prises dans leur propre cœur; de plus les deux frères ont la subtilité de l'auteur du Jeu de l'Amour et du Hasard; mais son ton badin lem est ètranger; ils co11scn·cnt dans cette co1n-édic quelque chose de sérieux et même d'austére. D'après une promesse faite à son père mourant, Marthe doit épouser un officier nommé Béthune qu'elle estime pour sa noblesse de cœur et ses Ycrtns, mais dont le caractère n'est pas séduisant. Il semble rude, il a des maximes tranchantes qui n'indiquent pas la bonté; teinté de darwinisme, au nom de la philosophie il proclame l,l condamnation des faibles pour lesquels il se montre - en paroles du moins - sans pitié. Des races entières d'Amérique disparaissent? c'est que c'étaient des races inféi·ieurcs, qui devaient s'èvanouir devant l'invasion européenne. D'un..: manière génèralc, les imprévoyants, les moins intelligents doivent bisser la place aux autres; c'est fatal. Étendant ses maximes, il ne \'a pas tout à fait jusqu'à dire que la femme est un être inférieur, comme le PcaLÎ-Rouge; mais il professe qu'elle doit être dirigée, que· la femme qui ne sait pas obéir dissout la famille et la cité. Ces dures théories effraient Marthe. Obcir, quel mot déplaisant! C'est assez pour l'cloigncr de celui qu'elle a promis d'épouser. Ressentant pour Bèthunc une répulsion croissante, elle fü1it par se dégager

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