La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE copieusement. Je ne Yeux donc pas trop chercher chicane à l'auteur· sur cc point. Mais Yoili oü il deYient plaisant : le commissaire de police ne peut pas constater lui-mlmc le dclit, dit-il; mais la loi se contenterait de la déclaration de deux témoins quelconques; or les témoins Mme la comtesse de Raguet, dont il s'agit ici, ne s'en sert pas, sous le prétexte qu'ellc ne les trouYe point! Franchement, M. Hcrvicu exige un peu trop de notre complaisance. Mais passons. L:1 comtesse, n'ayant pas de motif légal pour di\·orccr, est donc réduite à se contenter d'une séparation à l'amiable. Je ne sais pas comment son contrat de mariage a ~t<'.:n'.:dige; mais, quoi qu'elle soit riche, elle est forcée de laisser sa fortune à son mari et d'accepter de lui une maigre pension. Cette malheureuse femme n'a pas de chance a,·cc les gens de loi; car enfin son aYoué devrait lui dire qu'on obtient assez aisément le règimc de la sèparation de biens. Mais ce chic:rnous discret prcfêrc garder le silence. Voilà donc les deux èpoux éloignés l'un de l'autre et la comtesse financièrement à la merci du comte, son mari. Elle jouirait ainsi d'un peu de repos, si clic n'a,·ait une fille et si, p:ir la suite, cette jeune fille ne devenait très sérieuse• ·ment amoureuse d'un jeune homme qui est précisément le fils de la maitresse du comte. Les deux jeunes gens se sont aimés le plus innocemment du monde et ne se doutant en aucune façon du subtil motif de délicatesse qui doit moralement les tenir c'.:cartés :i jamais l'un de l'autre. C'est un peu la situation du Cid en miniature. La jeune fille dont la merc a <'.:t<s'i.:gra,·cmcnt outrag<'.:e par une femme ne peut pas· èpouser le fils de cette femme. J'aYoue pourtant qu'ici je suis pour l'union des deux jeunes gens; ils ignorent tout; l'outrage en question est demeur<'.:secret puisqu'il n'y a pas eu procês; l'obstacle qui les sèpare a quelque chose de fictif et de con,·cntionncl, et ne peut s'opposer définitivement à leur bonheur. Mais la comtesse ne l'entend pas ainsi; elle ne YCLlt pas se sacrifier davantage et, comme la loi ne lui permet pas de s'opposer au mariage -encore une infériorite pour la femme, mais cette inf<'.:riorit<'.:- là m'est indifilérente, car la nècessité du consentement des parents au mariage de leurs enfants est un injustifiable abus d'autorit<'.: - l'esprit Je vengeance lui inspire un bién Yilain moyen; elle révèle à sa fille,. une fille <le dix-sept ans, la laide vérité : « La mère de celui que tu veux <'.:pauser a <'.:t<la'.:maitresse de ton pere. » La scène est très bien exécut<'.:e, mais p<'.:nible; pourquoi <'.:clabousser cette enfant d'une souillure qu'elle dcnait toujours ignorer? La comtesse ob<'.:ità une rancune personnelle, rien de plus. Aprês avoir tendu la situation jusqu':\ cet excés et nous a,·oir laissé croire ainsi qu'elle ne pouYait se d<'.:nouerque tragiquement, M. HerYicu revient sur ses pas et s'ayisc de tout terminer par un mariage avec rèconciliatio·n g<'.:n<'.:ralIel. aurait pu

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