La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

CHRONIQUETHÉATRALE 33ï CHRONIQUE THÉATRALE VAUDEVILLE.- La Doulourwse, comt'.:die en qLY.ltreactes, de M. Maurice DoNKAY. Cm1ÉDIE-FRANÇAISE-. La Loi de l' Hom111e, comédie en trois :ictes, de M. Paul Hrnvrnu. ÜDEON. - Sous le Joug, un acte de M. Daniel RICHE; La Prolllesse, wrncdie en trois actes, de MM. J .-H. RosNY; Le Chemi11eau, comédie en cinq actes, en vers, de M. Jean RICHEPIN. THEATRE DE L'ŒuvRE. - La Cloche engloutie, conte dramatique en cinq acks, de Gerhardt HAUPT.11ANNtr,aduction de A.-F. HEROLD. « Garçon, la douloureuse! » Il n'y a pas bien longtemps que les g:irçons de restaurant de Paris comprennent cet appel et y répondent en apportant l'addition. Dans six mois peut-être, ùn souffle ayant orienté ailleurs la lcgere girouette de l'argot, adieu la métaphore, que pcrsonne n'entendra plus. << Sachez-le, c'est une piécc parisienne, nous dit donc, rien que par son titre, M. Maurice Donnay; car je l'ai ccrite en parisien pour amuser les Parisiens d'aujourd'hui; si je l'avais voulue fr:inçaise, je l'aurais baptist'.:e la Ra11ço11. » La rançon, ou la doulourcuse, c'est en effet le paiement de nos joies, c'est la somme de chagrin duel. au destin en dcdommagemcnt du peu de bonheur qu'il Yeut bien nous accorder. Vous reconnaissez là une p:irtic du fragile edificc élcYé par Azaïs sous le 110111 de système des compensations. Quel ennui qu'il ne soit pa.s vrai! Il donne si gentiment un petit leurre de justice! C'est trop chose certaine que nos satisfactions les plus :iuthentiqucs sont toujours gàtt'.:es par quelque plaie ~vouée ou sccrcte, et qu'il n'y a point de lumiérc sans ombre. Mais il n'est pas exact en revanche quL: l'ombre appelle toujours la lumiérc et que ceux qui 1 souffrent doivent attendre la récompense de leurs peines. C'est nH:mL: pour cntrcwnir l'illusion de cc bien futur, inconnu dans la ,·ic réclk, que nos pcrcs a\·aient inventé « la ,·icillc chanson bcrœusc » promettant la félicite dans l'autre monde. 22 /

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