La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA QUESTIO:-1 SOCIALE DEVA:'.\T LES CORPS ÉLVS 33 5 à la démocratie sociale allemande, les· appréciations sympathiques de ·j\,[. LaYertujon, l'ancien directeur de l'opportuniste Giro11de, et les belles paroles écrites par le général Faidherbe dans sa campagne, de l'armée du Nord : « La France a entraîné avec elle l'abattement momentané de la « démocratie en Europe. Mais nous :1\·ons le ferme espoir que nos « v:iinqucurs, les Allemands, relevés ù leurs propres yeux, par des « succès obtenus au prix de leur sang, :iyant doréna\'ant le sentiment « de leur nleur et de leur dignité, réclameront bientôt intégralement « leurs droits d'hommes libres, dans leur propre: pays, et ne se con- « tenteront plus pour en jouir de s'expatrier en Amérique: ... Si, de « notre coté, nous sommes régénérés et libres aussi, les deux peuples « 011bliero1l1eturs a11cie111g1e1serresdnus 1111e111iof1ra1ternelle : le Rhin « 11eseraplus 1111bearrière'couvo-ité_eet rop souvent e11sn11gla111té1e1,ais Ull « trait d'1111io1u1,1eartère vivifia11te t l'Europe jouira enfin d'une paix « sérieuse ..... Voilà la revn11che quc les bons esprits doivent désirer « prendre sur M. le prince de Bism:irck et sur la féodalité allemande!» Ces paroles du général républicain semblent caractériser en termes bien précis l'opinion même du parti socialiste en ce qui concerne « la revanche. » Soixante-dix-huit députés seulement ont voté contre l'ordre du jour approuYant la conduite du ministere. Nous assistons presque chaque hiver à un grand débat sur le chômage. C'est en hiver que ce mal chronique de la société capitaliste se fait sentir aYcc le plus de rigueur. C'est dans cette saison que l'arrêt de beaucoup de travaux accroît l'armée lamentable de ceux qui meurent presque de faim. Notre ami Vaillant a traité cette question avec son habituelle élévation de pensée et sa science approfondie des phénoménes économiques. Il a décrit une fois de plus le mal de surproduction qui séYit constamment et dont on ne peut concevoir la fin que par l'abolition même du régime capiraliste. Mais Vaillant ne se contente pas d'une critique générale du systérnc capitaliste. Il songt: aux souffrances qui ne peuvent attendre l'echéancc de la Révolution et il pro- '\)Oseune série de mesures d'application facile et immediatement possible, qui soulageraient les malheureux atteints de ce mal terrible. L'État et les communes devraient donner l'exemple à l'industrie privée en instituant une iimitation de la journé~ avec salaire suffisant et la suppn;ssion des he_ures supplementaircs. D'autre part, les travaux de maçonnerie peuvent être continués l'hiver par divers procédés connus, entre autres celui que l'on emploie en Norvcge et qui consiste à additionner le mortier d'un peu de sel. Les travaux des communes pourraient donc être réservés pour les saisons ou le chômage est intense. Mais le moyen le plus sérieux consisterait à établir un vaste plan de

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