La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

334 LA REVUE SOCIALISTE La Chambre a continué;\ témoigner de ses complaisances réactionnaires en votant par 24 voix de majorité la disjonction de l'amendement proposé par M. Denis Cochin à la loi d'accroissement. Cette disjonction, appuyce par le gouvernement et la commission du budget, est une capitulation de la Chambre et du cabinet devant les revendications cléricales de la droite, l'aveu formel que les mesures prises par la Rcpubliquc pour prévenir le développement dcs biens de mainmorte et l'extension croissante des congrcgations, pcu\'Cnt être abolies sous le ministére actuel. Et cependant le Sénat, en 1884, avait repoussé sans discussion le projet que la majorité de la Cham brc vient de déclarer « juste dans son principe » et de mettre à part pour une discussion ultérieure. Dans la séance du 17 février, le vote du budget 1896 a été enfin tcrminé : commc dernier acte de cette discussion, plusieurs dcputés ont proposé, à titre de soulagement à l'agriculture, de dégrever les contribuables d'une partie de la contribution foncière sur les propriétés non bâties. Aprés pointage, 276 Yoix contre 257 refusent aux agricultcurs le dégn::vcmcnt demandé en leur fayeur. Le ·20 fl'.:vricr est venue devant la Chambre l'interpellation de Jules Guesdc, au sujet de l'expulsion de Bueb et Bebel, députés socialistes alsacicns, venus sur le territoire français pour rendre compte de leur mandat. Les Alsaciens avaient cru venir sur une terre de liberté et y trouYer, en qualité d'Alsaciens, un accueil sympathique. Ils se sont trompés; l'.\lsacc-Lorrainc, arrachée à la mère-patrie, est un thème excellent pour la rhéthorique des orateurs gouYernementaux et un admirable pn.'.:textc à métaphorcs sous-préfectorales ; mais cette lave d'enthousiasme patriotique se congélc trés vite, dés que le socialisme est mêlé à l'affaire. Au diable l'Alsace-Lorraine, si elle devient socialiste! Les Prussiens peu\'ent la garder. - Ainsi penseront bientôt nos bourgeois de la majorité. Cet éYéncmcnt a fourni a Guesde l'occasion de retracer dcYant la Chambre l'admirable Cûnduite de Bebc'I et de toute la démocratie sociale allemande, en cc qui touche cette délic,ltc question. Il a montré dans sa réplique que le gouvernement, si hostile à deux députes socialistes protestataires, s'était montré plein <l'indulgence à l'égard de l'abbé Cctty, concurrent malheureux de Bucb a Mulhouse et candidat impérial allemand. Les protestataires sont expulsés parce qu'ils sont socialistes. Les Alsaciens renégats, comme l'abbé Cctty, peuvent Yenir prendre part librement au congres clérical et politique de Lyon, dans lequel les cl<'.:ricaux français reçoivent de leurs coreligionnaires allemands dcs conseils en Yue d'organiser un parti du centre comme en Allemagne. Guesde cite la lettre adressée, en 1871, sur l'ordre de Gambetta,

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