La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA QUESTION SOCIALE DE\'A>tr LES CORPS 1::1.L"S 333 La France, liee par l'alliance franco-russe, prenait p;1rt J l'action commune des puissances contre la Grèce. A f,<quentcr les despotes, on attrape de Yilaincs maladies, honteuses et sccr0tes (c.1r on ne les avoue pas volontiers au public ni aux Chambres). Et precisemcnt les <lebitants de patriotisme officiel donnent Oll YOnt donner l'appui moral et demain peut-être l'appui militaire de la France qui cric toujours sa douleur de mutilée, aux oppresseurs de la Crète, victime clic aussi, comme l'Alsace-Lorraine, des jeux de la force. Contradiction bien étrange! i\lais il faut complaire au czar de Russic qui n'a point encore retrousse ses manches pour 1c dépècement de l'Empire turc. Et durant les jours d'attente ct d'anxiéte, pendant lesquels Grecs, Turcs, Russes rassemblent des corps d'armée, 011 apprend par un :irticle de Jaurès, non demcnti, que la France est cno-ao-èc, par la mystérieuse convention fr:inco-russc, ;'t intervenir b b , militairement pour la défense de la Russie, si la Russie est attaquée. Voilà peut-être la francc engagée d:rns une guerre pour des interêts russes. L'intcrpclbtion dé,·eloppéc sur cette grave qucstion d'Orient par Millerand avec une mesure parfaite et soutenue par Jaun:s avec son éloquence habituelle, a bien prouvé l'infériorite de b politique française, subalterniséc et exploitée ù son profit par la Russie. L'autonomic de la Crète, sous la suzeraineté nominale de la Turquie, semble ètre la solution adoptec par les puissances. La fcra-t-on préYaloir p;1r la forcc contre le patriotisme grec et la France s'associera-t-cllc ;\ cc nouveau crime de la force? En Égypte, la situation n'est pas meilleure. L'Angleterre veut garder pour clic ce fragment <lejà ;\ demidétache de l'empire Turc : en attendant, clic cmpi0te tous les jours davantage, malgré les traites internationaux. De récentes déclarations faites i la Chambre des communes ont amené un débat à la Chambre entre M. Deloncle et le ministre des affaires <'.:trangèrcs, débat qui n'a rien appris de neuf; car, malgré toutes les arguties et les discussions de doctrine pure, chacun sait que l'Angleterre n'<'.:vacuera pas. Notre politique intérieure n'est pas plus satisfaisante c}UC la politique extérieure. Le 9 février, Guesde adresse une question au ministre dl: l'instruction publique au sujet de l'association des maitres répétiteurs, brusquement mise en demeure d'avoir i se transformer en société dc secours mutuels ou à se dissoudre. Guesde a souligné à cette ·occasion la mauvaise volonté du gouvernement à l'égard de toutes les formes d'association, dans lesquelles on peut cra;ndre de voir se dèveloppcr l'esprit sociali'stc. La réponse du ministre fut tellement i11suffisa11tc .que Mirman a cru utile de transformer la q ucstion en interpellation.

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