La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES REVUES triplé chez les adultes, Li criminalité des jeunes gcns de seize :'t ,·ingt et un ans av:iit quadruplé, celle des jeunes filks presque triplé. Quant aux enfants poursui,·is, le nombre en a,·:tit doublé ... De 1880 :'t c893, la criminalitt.': grandit encore beaucoup plus rapidement : en dix ;rns, on Yoit le nombre des enfants criminels s'accroitre du quart, tandis que celui des adultes s'accroit seulement d'un neuvicmc. Aujourd'hui, la criminalité de l'enfance dépasse presque du double ccllc des :1dultes. Et œpcndant les mineurs de sept :\ seize ans ne repn'.:scntent pas sept millions d'.'tmcs, tandis qu<.: les adultes en comptent plus de vingt . .\ Paris, plus de la moitié des individus arr.:tés ont moins de vingt et un ans et presque tous ont commis des fautes gra,·cs ... « La prostitution enfantine Y,1 aussi croissant et on a estirnt'.: à -1-0,000 en dix ans le nombre des enfants att<.:ints... ; les sùicidcs des enfants au-dessous de seize ans, extrêmement rares jadis, atteignaient déj;\ en 1887 le nombre de 35. Dans e<:tte même :rnnéc, nous avons eu 37) suicides de jeunes gens :\gés de seize:\ vingt et un ans; les suicides d'enfants :'tgt'.:sJe moins de seize ans ont été de 87. » Tels sont les tristes chiffres que M. fouillée nous met sous les yeux et qu'il a puisés aux mcillcurcs sources, notamment dans la belle étude de M. J. Bonzon, sur le Crime et /'Eraie, livre sur lequel nous espérons revenir quelque jour. Et il ne s'attarde pa~ :\ cc douloureux exposé. Le mal a des causes que M. Fouillée t:\chc de discerner en s'dlorçant d'indiquer des remèdes. Sa conclusion est simple : l'école et l:l presse, voilà les coupables; surveillez l'une, réformez l'autre et le nombre des jeunes criminels diminuera. Il ne s'agit pour lui que d'un désordre moral. « Les principales causes morales de cc fùcheux 1xcédcnt sont, dit-il en se n'.:sununt : l'insuffisance de l't.':ducation dans la famille et dans l'école, et surtout la croissante perversité de l't'.:ducation duc à une propagande qui pourrait se d<'.:finir la suggestion du vice et <lu crime organisée sur une vaste échelle, munie de privilcges ' et assurée de l'impunité. Ce sont là des causes sur lesquelles on peut, sur lesquelles on doit agir. .. « Que l'éducation du peuple, par l'école d'abord et surtout par la presse, devienne meilleure et le niveau général se rehaussera; les variations, tantàt heureuses, tantàt malheureuses, ducs aux mouvements en tous sens de la civilisation croissante, se restreindront à des écarts dans des sphères plus. élevées, tandis qu'elles s'étendent aujourd'hui ju~qu'aux bas-fonds de la conscience humaine et font remonter la fange à la surface sous forme de vice et de crime. Il y a li un devoir social à remplir, qui appelle les efforts de chacun de nous. N'oublions pas que nous sommes tous solidaires dans les maux qui affligent la nation;

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==