La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

p8 LA RE\TE SOCIALISTE que ,wus y :l\ons tous une participation plm ou moins atténuée; et que, p:tr con<quent, nous dc\'ons aYoir mal :'1 Li poitrine et :i la conscicncL d'autrui comme :i Li nôtre. » :--:ol,lespawle,, .::crll:s,et bien dignes du caractl.'.:redc leur auteur, m:tis dies 11cs:rnrairnt pleinement 11oussatisfaire. j\[. Fouillée, luimèmL, 11e11ousdit-il pas que les causes du mal social qu'il 11oussig11alc sont 1pun.:111cntmor:tles? Les enfants dont l'éduc.1tion est laissée au hasard sont u11cproie facile aux mau\·ais sentiments; ils ne peu\'ent rl.'.:sister .'1 de Lichcux contacts, :'1 des désirs, .'t des instincts qu'ils ne saYent répri1rn:r; les cxcit.llions des lectures malsaines troublent ces petit'>étres a, ides d'émotions, et nous \'oyom sur h:s bancs de la correction11c:llcdes gamins aux grands yeux clairs, précoces habitul.'.:sdu YOI .i la tire, ou des frllcttcs frèles, \'cndeuscs de bouquets et de sourires, aux p.rn\l'es traits p:ilots, flétries corn me de ,·ici lies marchand<.:, :i la toilette. :.Lis. u1111ou,·el c11scig11emc11mt or:11suflira-t-il pour n1111enL·r :Hl bien cc triste petit 111011tk?Le rôle de l'instituteur est import,\llt; qu'e..,t-il, en cc l]Ui co11ccrnc l:1 formation d'un caractl.'.:rcd'c:nf.111t, auprcs de celui du pcre, de la mère de famille? L'éducation familiak est insuffisante, dit j\l. Fouillée:. Nous somme'> d'accord, mais la familk elle-rnème pourquoi se désorganisc-t-ellc? l.es progrés de la grande industrie, la centralisation croissa11tc Jcs capitaux, le dé,·cloppcmcnt des immenses usines aux rnachi11cs toutespuiss,rntcs, la di\'isio11 du tr:l\'ail dans de multiples ateliers, tout cet énorme ml.'.:canismcréglementé et impitoyable qui forme notre monde moderne a dl.'.:nouépeu :i peu et nl.'.:ccssairerncntles liens du foyer chez ceux qui 11epossèdent rien que leurs bras contre la misl.'.:rc. Le pl'.:rc,de son côté, part le matin à l'usine:; la ml.'.:re,après a,·oir dl'.:barbouillé l<.:spetib, se rend clic aussi au tr,l\·ail. Ils r,e rentrent que le ~oir .'t l.t nuit et bien las. On se partage un peu de charcuterie, une maigre soupe chaufl'éc it la hJte, et chacu11 s'endort en songeant .1ux fatigues du lendemain qui seront celles <le b ,·cille. Les enfants \'Ont bien à l'l.'.:colc·, ils sa,·ent lire et co11n:1issc11l.t1"l'.IH~a- t°' logie des rois de France; l'instituteur leur parle quclquefois yaguemcnt de morale et, pour en faire de bons citoyens, s'efforce de leur inspirer Li cr,1inte du gendarme et l'.unour du drapeau; mais tout cela n'emplit point la journée; :i quatre heures, ils sont libres et jusqu'ù la nuit courent p:1r les rnes, cahiers et li\Tes sous le bras; ils sont les maitres dc:s jardins, des places et des a,·cnucs, bousculent les passants et tirent les so1111c:ttesi,ls cha11tent aux coins de rues a\'CC les musiciens ambulants, <.'arrêtent :1ux de,·anturcs oü s'étalent les journaux illustrés. Ils sont bien loin les ~crmons du maitre d'l.'.:colc, quand ces petits rentrent

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