La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES Philosophie et litterature Le carnaYal a promené par les rues les grimaces de ses masqul'.s et les 01ipcaux de ses chars, il a enrubanné les arbres de ses serpentins et jonché le sol de ses confetti aux mille couleurs; les enfants ont empli les rues de leurs cris de joie. Sous leurs faux nez de carton ou leurs jolis atours de pages, ils ont été pendant trois jours de petits rois à qui l'indulgence de la foule pardonnait toutes fantaisies. lis ont fait la nique aux passants, battu du tambour, soufflé dans des trompes de terre. Parmi leurs ébats bruyants, leurs gambades et leurs éclats de rire, de récentes et tristes pages de M. Fouillcc sur !'Enfance me revenaient à l'esprit et ces jeux joyeux me parurent tristes comme ctaicnt tristes les figurantes qui grelottaient dans le cortége au milieu de fleurs de papier, comme étaient tristes ces acrobates d'occasion qui pour quelques francs s'éyertuaient à égayer la foule et dont l'un se brisa les reins. Les enfants sont de petits êtres instinctifs et charmants qui, plus vivement que nous, ressentent la joie et la douleur, plus YiYcmentaussi rcçoiYcnt, de cc qui les entoure, les impressions bonnes ou mauYaiscs. Leur délicatesse rcclame notre sollicitude; leurs misércs ne sont qu'une forte expression des nôtres. 11.A. Fouillée vient de constater, dans un article trés documenté de la REVUEDESDEUXMONDESq,ue, de jour en jour, ces enfants, que nous devons défendre contre le mal, fournissent une plus forte proportion dans le nombre des malfaiteurs. Cc fait si lamentable n'est-il pas des plus graves parmi ceux qui fortifient notre cncrgie dans la lutte présente et nos espérances en l'avenir? Constater une misère commune, n'est-cc pas indiquer que chacun en est en partie responsable et doit travailler à y porter rcméde? « De 1826 à 1880, tandis que les délits de droit commun aYaient

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