La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE pour lui! On peut, si l'on \'eut, regretter cette métamorphose d'(une; mais clic reste sans portée pour le socialisme, dont la marche n'en sera pas ralentie ni la victoire crnpèchce. Nombreux sont les faits de Li politique impériale et bourgeoise qui ont donné au parti socialiste l'occasion d'inten·enir en faveur de la classe ouvriére. L'œuHe principale du Reichstag a été la discussion et le vote du nou\·eau code ciYil - œuvre qui denit être le digne couronnement juridique de l'Empire, et qui, sous beaucoup Je rapports, est de\'enu la prcu,·e de sa décadence morale. Elle renferme une unification trcs incomplcte du droit; c'est à peu presle seul avantage qu'elle nous ait :1pporté. Des réformes urgentes, telles que l'extension des droits de la femme, la crcation d'une loi libérale sur les associations, l'abolition de beaucoup de prérogati\'es féodales et princicres n'ont pas trouvé grùce de\'ant la majorité gouvernementale. La fraction socialiste a cherché ù sau,-cgarder les intérêts des tra\'ailleurs, en s'opposant, entre autres choses, à l'idée rctrograde d'un contrat <le traYail ù Yie caressée par les féodaux; en proposant l'abolition du code des domestiques, afin que les conditions de tra\'ail de ceux-ci ne soient plus réglementées par des lois surannées, hcritécs du moyen-ùge; en demandant une extension du droit de coalition qu'on ,·oulait restreindre; en s'efforçant enfin de façonner toutes les nou\'elles lois dans le sens de la plus grande somme de justice économique et politique possible. Si ces efforts n'ont que trcs rarement abouti, la faute en est aux conscr\'ateurs de tout acabit qui, aussi longtemps qu'ils seront les maitres du parlement, ne ,·otcront que dans leur intcrèt de castè. Cette fois encore ils ont donné la prcuYc de leur intransigeance habituelle et de leur :1veuglc égoïsme : de la longue et fatigante discussion, le nouYeau code est sorti si JcCcctucux et si plein de lacunes que les socialistes, conscients de leurs de,·oirs et dans l'intérèt de la majorité des ressortissants de l'Empire, ont finalement ,·otc contre l'ensemble. Bien sou,·e11t la politique de notre parti a dù se borner ù la défense des droits présents contre les attaques de nos adversaires. Les industriels supportent mal les quelques charges qui leur ont été imposces p,ir b législation om-riére. Aussi cherchent-ils à s'en débarrasser. En vertu de l'article 120 du code des métiers (Gewerbeord111111g), le Conseil fédéral peut dans les industries malsaines limiter la journée de trarnil :'t un nombre d'heures déterminé. S'il est une industrie dont les conditions de traYail aient besoin d'une réglementation en cc sens, c'est bien celle de la fabrication du pain. Mais quand le Conseil fcdcral, aprcs beaucoup d'hésitations, s'est ému de la situation des ouvriers boulangers et a décrété la réduction de leur temps de travail:\ douze heures effecti,·es, ç'a été comme une étincelle tom-

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