La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

bant dans une poudrière. Les partis dl' la droite et du œntn.: ont ri1·:ilisè de protestations contre cette restriction de« la liberté du travail » et les conscr\'ateurs et les antisémites ont immediatcment lancé une proposition, tendant i déclarer nulle l:i mesure du gouvernement. Il a fallu l'intervention énergique du rninis~re du commerce, soutenu cette fois presque uniquement par les socialistes, pour maintenir les dt'.:cisions prises. Les classes moyennes cherchent ù ·c préscrYcr contre la ruine qui les guette par toute sorte d'cxpedients : les commerçants, conduits p:u le centre et les antisémites, 1111'.:ncnut ne campagne toujours renouvelée contre les sociétés de consommation, le co111111erccd<.:s petits man:hands de la rue et la \"ente l.'11 dt'.:tail par ks commis-Yoyageurs. Soutenus par le gouvernement qui a besoin de leur appui d;111s sa lutte contre les tendances mélinistès de certains conscn·;1t<.:urs èt d:rns toutes les questions qui touchent :1u militarisme, ils ont réussi ;i circonscrire considt'.:rablcment la sph0rc d'action des sociétés dl: consommation, tant pronécs par les économistes bourgeois comml: un moyen d'émancipation infaillible pour les salarit'.:s. Ainsi a été interdite la Yente de marchandises :1 toute personne étrangère aux sociétés. En certains endroits, en Saxe par exemple, on a inf1igé ;i ces societés un nouvel irnpot. - Inutile d'ajouter que ces mesures restrictives, aussi rt'.:trogrades qu'incfficacl's par rapport au but Yise : le sam•ctage du commerce moyen, ont trou,·é dans ks socialistes des adversaires résolus. Il en a étc de 111.'.:rnecn cc qui concerne leur attitude contrl: les plus conservateurs des conservateurs : ks agrariens. Aussi, sinon plus, prétcntil'ux que par le passé, cette castè de seigneurs et hobereaux « souffrants » a de nou\'eau, mais Yaincment, cherché :i. se dédommager de l'abaissl'mcnt de la rente du sol par la réalisation tk cc fomcux projet qui consiste :i monopoliser le commerce du bll.'.a:u profit des grns propriétaires terriens. Par contre, ils ont eu la joie de rnir la prime du sucre s'elc,·cr au double du taux ancien, cc qui équivaut pour les consommateurs à une nouYclle charge de 20 millions de marks. Emboitant le pas a ces nobles seigneurs, des proprietaires moins , en HIC, mais plus nombreux, de simples paysans, ont également éle\"é la Yoix pour réclamer bien fort l'intcn·cntion de l'État en kur faveur. Leurs revendications n'attestent en somme ni plus ni moihs de modestie que les désidcrata des agrariens proprement dits, mais clics sont un signe caractéristique des temps. . Ainsi, dans le grand duché de Bade, le conseil d':igrnnomie (La11dwirlschaflsra/'1) demande des primes d'État pour certains domestiques au service des agriculteurs. On Yeut les empêcher de quitter la campagne et de se porter vers les grandes villes. ''ite une prime pour

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