La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

1_'ALLEMAGKE SOC[ALISTE E:S: r896 n'.:pondu leurs collègues étrangers, sur toutes les tribunes parlementaires des pays industriels de l'Europe continentale: à savoir que les actionnaires étaient dans leur droit et que les ouHiers avaient tort. M. Je Bocttgcr, pour justifier l'intcn·ention non moti\·éc en fa\'cur des compagnies, donna lecture de listes de salaire fantaisistes, fournies par les armateurs. Cc fut le vieux spectacle : le gotl\'erncment s'abaissant au ràle de protecteur des intérêts capitalistes. LA POLITrQUE SOCIALISTE ET LES DÉFENSEURS DU 5/(1/11quo L'esprit qui préside aux actes de l'État capitaliste et de la bourgeoisie rcgnante est, a\·ant comme aprés, l'esprit de domination et le souci du gain. La politique des partis bourgeois et de la couronne - cc qui est tout un - est celle du statuq110 et du laisser faire. Si l'on avait pu en douter, la gn'.:vc de Hambourg, dont je ,·icns de parler, en a fourni la prcu\'e concluante. i\!ême les feuilles des soi-disant progressistes ont fermement soutenu la cause des gros armateurs, en même temps qu'elles attaquaient, avec une \'Crvc qu'elles auraient pu garder en réserœ pour une cause plus noble, le parti ouvrier, cet éternel excitateur de gn'.:Ycset dcchaîncur de passions! Guillaume If ne pouvait pas rester en arrière. Grand admirateur de tout cc qui ressemble de loin à une marine, fùt-cc à une marine marchande (qui est composée de gros bùtiments tout comme la marine de guerre), il ne put s'empêcher de désapprouver formellement l'attitude des ouvriers, qui, par la cessation inattendue du travail, dérangeaient si profondément le fonctionnement de cc grand mécanisme naYal qu'est le commerce de Hambourg. li eut une cntrcYuc a\·cc les délégués des entrepreneurs, et, aprés avoir écouté leurs doll'.:anccs, il leur donna pleinement raison. Moyen excellent pour faire tomber les masques, c'est-à-dire pour faire ressortir l'identité des intérêts de la cour et de la classe patronale! Comme nous l'ayons fait remarquer dans un article anterieur, des velléités libérales de l'empereur qui se manifestaient si bruyamment, il y a sept ans, il ne reste plus rien. Comprimées par l'àpre atmosphère du milieu capitaliste, elles se sont changées en haine de la cause populaire. On ne peut pas sortir de sa peau : un empereur ne peut être réformateur dans une société comme la nôtre. Le descendant de Frédéric II, cc despote qui fut appelé par la flatterie le pérc de ses sujets et dont il envia un instant le prestige, s'est laissé décourager,. parce que sa fantaisie s'est épuisée en projets steriles destinés à combler l'abime entre les classes ennemies. DorénaYant la société des grands industriels, tels que Stumm et Krupp, le dedommagcra des mésaventures subies sur le terrain de l'apaisement social. Tant pis

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