L' ALLEMAG~E SOCIALISTE E~ I 896 Les o-r,1ndcs \'ilks en prcrnierc li,rne ont marché de l':1Y,lllt. D,rns ~ ~ ces carrefours des oTands courants economiqucs, tout nouYc.:I essor de ~ l'acti\'ité industrielle gonfle plus facilc111cnt les Yoiles des syndic.ils qne partout ailleurs. Je n'en citerai que deux c:-.cmplcs : A .\1unich, le nombre des syndiques a, depuis 189-1-, plus que double; et, :t Berlin, il s'est accru de 38 'i.,- Dans cette dernière ville, ks syndicats co111ptcnt maintenant en chiffres ronds 50,000 membres. Sur d'autres points du pays encore, le dé,·cloppement :1 suiYi une 111arche analogue; mais, l.1 st:nistiquc syndicale n'etant p:1s encore établie pour la dernierc periodc de 1896, nous n-.:pouYons :t cc sujet donner des chiffres precis. Cependant, b fiènc de gn'.:Ye,co111111les organes de l:t cl.i,sc- p:1tro11ale appellent ici l'inclination naturelle des tr:l\·aillcurs .'i übtenir par la cessation du traYail cc qu'on ne leur accorde pas tic bon gré, fut si Yiolcntc que b force des orga11is.1tio11s.'.:tait loin d'i:trc en ju~tc proportion :l\·ec ks tkhcs :i remplir. Au cours de l':rnnéc 1895 déj:i, les grè\"cs :1nic11t été .1~scz nombreuses. Celles qui eclatèrcnt au printemps de 1896 furent plu-; nombreuses cncorc. L'hiYcr a,·ait été rehtiYcmcnt doux et le chù111,1gc moins général que dc coutume. Les conditions t!e lutte, p.H suite de la di111inntio11de l'.irmée de réscrYc, ~'étant pour les ou Hier-; considérablement a111éliorécs, ceux-ci firent leur possible pour arr;1chcr :rnx entrepreneurs quelques conccssions. Cc fut d'abord l.i corporation, déj.i citéc tout :i l'hcurc, des ouvriers et ou,-riercs de la confection qui formula ses griefs ct, finalcmcnt, cessa le tr:1Yail. La gn::,·c qui embrass.1 20 :i 25,000 personnes n'aboutit qu'à demi. Si sOU\'Craincmcnt juste que fut Li c.n1se des sabriés, sujets :i l'exploitation la plus honteuse, l'égoïsme et l'intransigeance capitaliste l'emportèrent sur beaucoup de points csscmiels. Remarquons entre parenthèses que l'industrie textile est moins florissante et qu'elle 11'.1pu encore ~c rele\'er a,·ec la même promptitude que la plupart des autres industries. Ensuite seraient à nommer la gréve des lithographes et celle des ou,Ticrs du b.1.timcnt qui eclatcrcnt très nombreuses dans la capitale. Quclt1ucs-uncs seulement curent un plein succés; l.l plupart se terminérent par un arr.rngcmcnt. A plusieurs reprises les entrepreneurs ne se contcntcrcnt pas d'une attitude ddcnsiYc. Ils utilisércnt contre les grc\'istcs le fameux loch out, ce moyen de combat patronal lJUi consiste i octroyer aux ouvriers d'une même usine ou mèmc ~le tonte une corporation les bienfaits du ch'è>mage forcé. C'est ainsi que deux mille chapeliers furent privés de leur pain, parce que Li Chambre syndicale avait posé des conditions aux chefs de deux ou trois ateliers particuliers. Deux mille ounicrs du piano, ceux-ci pour avoir exige l'introduction de la journée de huit heures, subirent le mème sort. Ils ' I
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