La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE plus formidable crise que l'industrie ait subie jusqu'à nos jours - crise qui doit entrainer dans sa tourmente irn'.:sistible la chute du régi1m." capitaliste d,111sles pays de l'Europe occidentale. Il faut profiter dLT moment propice pour arracher à la classe capitaliste la plus grande somme de rUormes économiques possible. Dans cc but il s'agit de rem{·dier aYant tout :'t l'etat déplorable du mouyement syndical. Les organisations ouHières sont infiniment trop faibles pour que dans la lutte grandissante entre le capital et le traYail les travailleurs puissent tirer la com·erture de leur càte. Elles ne sont même pas assez fortespour garantir au prolétariat le maintien des conditions <l'existence actuelles. C'est pourquoi le parti socialiste, en la personne de ses élus L:t au moyen de sa presse, doit appuyer Je toute sa force les essais d'organisation syndicale et les reYendications économiques urgentes formulées par les syndicats existants. Une de ces réformes urgentes cst Ll journée de /mit beurcs et l'auteur en considère la réalisation comme la üche la plus importante du moment pour le prolétariat. Si ces conclusions ne contiennent pas beaucoup d'idées neuYes et , originales - car l'auteur négligeait de s'expliquer sur les détails de J.1 propagande :'t entreprendre et de nous dire par quels moyens il pense l.1faire triompher - celui-ci a néanmoins le mérite d'avoir à nouveau mis la question syndicale sur le premier plan. La coïncidence de l:i publication de sa brochure avec l'apparition des premiéres conséquences sociales qu'elle pré,lisait comme résultats de la nouvelle situation industrielle et commerciale fit que la discussion socialiste s'empara des questions ~oulcYeeset que le public s'émut. De réels efforts, tendant :'t consolider et ;'trenforcer ce mouvement syndical, répondirent au cri d'alarme poussé. La réforme de la jv11méede lmit beures a été surtout traitée dans la presse et les assemblées publiques. Elle fut proposée et défendue par nos élus dans les corps législatifs. On se r,1ppelle aussi que le dernier congrès du parti, tenu :'t Gotha, a, par une résolution énergique, franchement recommandé aux traYailleurs de fêter le premier Mai par la ccssation du tr:wail. C'est surtout dans le Reichstag que la question du syndicalisme a joué un certain ràk. A maintes reprises notre fraction a eu l'occasion de repousser des essais d'entravement destinés ,i mettre en cause la liberté de coalition. Lors des grandes grèves, comme celle des ouvriers· et ouvriéres de la confection par exemple, les représentants socialistes se· sont multipliés pour soutenir, soit deYant les législateurs, soit dans le pays, la cause des gréYistes. Une campagne aussi générale etcertai1H!tl1ctH plus méthodique que par le passé a dù porter ses fruits : les organisations syndicall's se sont en effet raffermies et ont considérablement augmenté l'effectif de leurs membres. '

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