La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

300 LA REVUE SOCIALISTE philosophe, est plutot une in\'itation :\ rcflcchir qu'une affirmation catcgoriq llC. » C'est bien ainsi qu'il faut l'entendre. A. Bain (1) a soumis à une analyse critique et dctaillcc les thcses d'Herbert Spencer. li les trüU\'C souyent plus spccieuses que solides, il en repousse, au point de nie de la pcdagogic pratique, un certain nombre et n'admet le reste qu'aycc dc notables restrictions. Ajoutons ici que les principes gcn.cr:lllx : aller du simple au compose, de l'indcfini au dcfini, du concret :\ l'abstrait, de l'empirique au rationnel ont etc trcs nettement formules par Descartes, mis en pratique p,1r toute la pcdagogic cartésienne, Port-Royal, Bossuet, Fénelon, par la pcdagogie condillacienne, issue de Descartes, plus féconde encore. C'est la tradition française. On fera remarquer ensuite quc lcs principes gt':n<'.:raux,encourager le dé,·cloppcment spontané, rendre l'actiYit<'.: intellectudlc agréable ont <'.:temis en une lumicre cclat:rntc par deux pédagogucs illustres : J.-J. Rousseau et Fourier dont l'œm-re cst tn:s ,•iyantc encore au sein de l'enseigncmen t français. C'est donc à propos de Descartes, de Condillac, de J.-J. Rousseau, de Ch. Fourier, qu'on pourrait le plus pertinemment exposer et critiquer ces thcses fondamentales. Pour le passage de l'ind<'.:finiau defini et du concret ù l'abstrait,' Auguste Comte, que cite Herbert Spencer (2), en rappelant sa polcmique sur la classification des sciences, fournirait un texte de discussion. Reste un des principes fondamentaux : le déYcloppcmcnt individuel de l'enfant reproduit les phascs <lu dcYeloppemcnt de l'humanitc. Quoique II. Spencer en fassç honneur à Auguste Comte (3), c'est la panic Yraiment originale de la pcdagogie de Spencer, le centre de sa doctrine, et nous nous arrêterons de pr<'.:fcrcnccsur cc point. Le reste s'y ramcn.era (..J.). Cette doctrine, que le dcveloppcmcnt de l'individu doit, en cducation comme dans la natu1e laisscc à elle-même, sui\Te pas:\ pas et reproduire autant que possible l'cYolution de l'espcce, que l'ordre (1) A. Bain. Ln Scimce de /'éd11c11/io11. (2) l l. Spencer. Clns,ijicalio11des sciences. (3) « A la rigueur on p<:ut rcg,mkr cé principe comme déj:t énoncé par impli- .:ation (loi générale de l'éYolution). Ccpc!ndant le parallélisme p.irticulit:r a sa valeur, :1 .:.1use de la direction qu'il fournit dans l'espèce. Nous croyons que c'est :1 M. Comte que la sodétc en doit l'énonciation; et nous pou,·ons ac.:cptcr cet artidc de sa philosophie sans d'ailleurs nous engager pour le n:stc. ,, (H. Spencer) ( 1) Ayant ,\ apprécier três sommairement les idées d'Herbert Spencer sur l\:ducation inte_lkctuelle, il est, je crois, d'une bonne méthode de faire trois parts dans .:et ensemble touffu d'obserYations dt: toute proycnancc: 1) Cc qui se rattache :1 l.t pédagogie cartésienrn: -:t condill.1ciennc, la seconde continuant la premiëre, comme l'ont fait remarquer F. Papillon (Histoire), et PicaYet (Les ldéolog11es). 2) Ce qui se r.11tachc :'1 Jean-Jacque, Rousseau el Fourier. 3) Cc qui se rattache it l'influence de Comte ou est propre .\ Spencer. On n..: traité ici que le troisiê1rn: point.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==