La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

ESQUISSE n'rxE TIIÈORIE l)E L'EPARGXE 295 Jcpuis cinq :\ six ans :\ l'ordre du jour de toutc.:s ks fédér:nions de caisses d'épargne dans tous les pays du nord de l'Europe, sans que ces efforts persistants, guidés p.u- des économistes et des financiers de haute valeur, aient réussi jusqu'ici .'t bisser entrcYoir, ne fùt-cc qu'une lueur Yague de solution possibk. Il nous reste à mentionner un dernier argument. Les c.1isscs d'épargne autonomes sont autorisées:\ consacrer.\ des dépenses d'intén;t général une partie de leur boni, soit directement, soit .\ la suite d'une répartition établie par les pournirs publics qui les cautionnent. On réussirait difficilement:\ imaginer une énumération plus bizarre et plus ridicule que celle des institutions entre lesquclks s'cflcctuc cc p.1rt,1gc. Un jour, clics sont tellement nombreuses :\ la curée que les subsides attribués descendent jusqu'.\ la somme de 50 t'rancs; un ;rntre jour, nous Yoyons figurer en tL'te de la liste quelque gros subside, comme cette caisse d'épargne qui, récemment, accordait 15 ,ooo marks de subsides pour l'agrandissement d'un lycée de.: jeunes filles. ,·ous entendez bien, 15,000 marks pour permettre :\ ,1uclques jeunes filles de la haute aristocratie d'acquérir des connaissances d'une utilité douteuse; alors que, afin de produire ces 15,000 marks, il a fallu que le cultiYatem stdt et pein.\.t pour p.1ycr un taux hypothécaire usur.1in.:, que le petit cultiYateur se courb.\t sous la lourde domination matérielle et morale de l'église et du clüteau, que le traYaillcur des ,·illcs .1ssist:Ît impassible et comme riYé au sol .\ l.1 réduction de son s:ilaire. Car il est rare de Yoir une caisse d\'.:pargne songer aux dlpos:ints OLI aux emprunteurs qui lui ont procuré ses bonis et leur permettre d'en profiter en les leur rendant, ne fùt-ce que partiellement, sou-s forme de prime, ou de mise d'amortissement par exemple. * * * Nous YCnons de Yoir que l'argent des épargncurs est loin de mériter tout l'intérèt que l'on répctc communément qu'il mérite. Nous avons démontn'.: que, si son origine ne pounit nous inspirer que doute et défiance dans les circonstances actuelles de notre monde économique, son mode d'emploi n'ét:iit pas davantage de nature,\. :ittircr sur cc capital notre bienveillante attention. Sa sam·cgardc est pour l'État une t:'1c.:hc difficile et dangereuse. ~i la prétendue portèe morale de l'épargne, ni la nécessité de pousser à son développement ne justifient son organisation en service public. En justifiant cette thèse, nous répondons aux cris de paon que ne peuvent manq uerdc pousser tç,us les cc hommes d'on! rc » visà-\'is del' cc homme de désordre» qui ose nier les influences bienfaisantes et moralisatrices de l'èconomie ouvrière. L'ép,1rgne estcomprèhcnsible et justifiée, lorsque le montant du salaire la rend possible; clic est alors

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