La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE un deYoir :rnqucl nul homme n'a le droit de se soustraire. l\Iais, du jour où l'on a YU se faire, sur le principe des assurances sociales, l'accord que nous constatons aujourd'hui sur cette question, on a fait croulc:r la théorie de l'épargne en cnlcnnt :icelle-ci toute son utilitl'.: et toute sa raison d'C:tre. Non pas que nous Youlions prétendre qu'en c;1s de m,1ladic, de Yieillesse ou d'i1waliditl'.: prématurée, chacun doiYc se contenter de la pension que lui fait l'assurance; tdlc n'est point notre opinion. l\fais, s'il en est à qui leur traYail l,1isse du reste, aprcs qu'ils ont dUalqué de leur s:llairc le coùt de toutes les choses nécessaires :'t leur existence, ceux-L'I n'éch:ippcnt point au dcYoir d'épargner qui existe pour eux: il les moralise, ils n'ont pas le droit de s'y soustraire. Mais, pour en arri\-cr Li, :i notre époque, il faut des l'.tres <l'une intelligence supérieure, et il n'est pas permis un instant de douter que ccux-lù, non seulement n'épargneront pas, mais encore qu'ils n'auront pas besoin d'un scn·ice public de l'l'.:pargnc pour faire fructifier leurs économies. Est-cc :i dire qu'il fout ne rien faire pour cette épargne Haie, surtout lorsqu'on sera pan·cnu à l'isoler des éléments hl'.:tl'.:rogcncs dont clic se complique aujourd'hui. SouYenons-nous de la pensée qui gui 1 - dait !vl. Uon Say, quand il proposait :i. la Chambre de YOtcr la liquidation des caisses d'épargne, le remboursement des dé pots par la création d'un nouveau milliard de rentes françaises. Du jour où nous n'ayons pas le droit de dire aux. Hais économiseurs : .\T'épargne:pas; nous n'arnns pas daYantage le dro:t de leur dire : Débro11illc~-'l•o11s, surtout lorsque nous \·oyons se dresser Yis-,i-Yis de ces l'.:pargncurs de bonne foi les honnC:tes spéculateurs du Panama et des Mines d'Or. Notre théorie est donc: ni serYicc public, ni abandon complet. La mission de l'État dam l'espcce doit consister à serYir de guide rn introduisant des prescriptions légales. La forme coopératiYc nous paraît 0tn: .'t même de remplir la mission de faire fructifier les deniers de l'ép:irgnc naic. Elle est assez féconde pour arri,·cr p:ir des perfectionnements successifs qu'indiqueront la pratiguc et l'expérience ;\ remplir la fonction cette fois digne d'intl'.:rêt que nous proposons de lui assigner. Une loi sur les caisses d'l'.:pargne dcHait :\ notre aYis se borner :i prescrire la forme coopérative comme ob)igatoirc, pour toutes les sociétés qui se chargent de faire fructifier les deniers de l'épargne publiguc. Il y aurait lieu ensuite d'établir une disposition législati\·c rendant illusoire l'usage de ces sociétés d'l'.:pargnc par d'autres que les épargneurs nais pour lesquels elles sont spécialement constituées. Le meilleur moyen pour atteindre cc but nous parait être l'insertion dans les statuts d'une clause limitant la quotité du dépôt et fixant le nombre de dépôts qu'un client sera autorisé à effectuer pendant une du rée déterminée. Le princi pc de cette limitation sera inscrit dans la

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==