ESQUISSE D'UlŒ THÉORIE DE L'EPARGlsE 293 d'hypothéques rur:ilcs. :fous nous trou,·ons donc en présenœ d'un Yérit:ible crédit foncier étatiste, puisque ks c:iisses d'epargne prussiennes sont pour ainsi dire des succurs:ilcs fin.rncicres des communes ou des cercles qui les établissent, les gérent p:ir leurs ernployés et s'en Yoicnt attribuer les bonis comme rémuner:ition de leurs scn·iccs et de l:t garantie qu'ils :iccordent. Si cc crédit foncier est organisé p:ir l'État, il n'y a cependant rien qui permette de le distinguer des hypothcqucs ordin:iires. L'Ét:tt et les cornmuncs ,·cillent :i,·ec un soin j:iloux ù ne pas contr:iricr les affaires ~le messieurs les prêteurs d'argent. Si nous nous dccl:trons partisans d'un crcdit foncier étatiste décentralisé dans s:i rcp:irtition, cc n'est pas pour substituer rttat cré:incier uniYersel :'t tous les autres créanciers pri,·és et aux m0rnes conditions que précédemment. Si nous croyons devoir irnposer ù l'État cette m1ss1011noll\·cllc, c'est pour deux motifs : 1° parce que, gràce :'t l'organisation Yicieuse du crédit hypothecaire, des pr:itiques abusives se commettent, que nous pouYons restreindre ou supprimer par la constitution d'un cn'.:dit foncier gouYerncment:il facultatif ou monopolisé; 2° parce que, l'hypothèque étant l'une des. ph:ises d'expropriation du petit et moyen rnltiYateur par le c:ipit:ilistc, l'ttat a pour de,·oir d'inten·enir pendant la période acti,·e de cette tr:1nsfonn:1tio11 éconornique, de maniérc :'t crnpêcher la constitution des grandes concentrations terriennes qui ne pcu,·cnt aboutir, en cas d'exploit:ition directe, qu'.'t la constitution d'un prolétariat agricole aussi malheurc.:ux que celui des ngriwllurnl ga11gs de la Grande-Bretagne, et en cas d'cx1,loitatio11 indirecte ,'t l'exploitation indéfinie de la tenue cottagére, la cause dominante des récents soulcnments agraires de Sicile, des Rornagnes et de l'Espagne. Un crédit foncier placé sous la direction de l'Etat deHait être, comme tout crédit en regimc socialiste fourni au. prix de reYient. Cette considération • seule prOU\"Cdéjù que le crédit foncier tel que nous le conceYons 1H.: saurait constituer le moyen de faire rapporter aux capitaux gui y sont engagés l'interêt de dl'.:pàt d'épargne et les frais d'administration du service public de l'epargne nationale. On fait grand bruit en Allemagne du concours apporté par l'État au crédit :igricolc par l'intermcdiaire des caisses d'épargne. Pourt:rnt l'Allemagne est le berceau des caisses Raiffeisen. Elles y existent par le seul concours de ceux qui les ont fondées et de ceux qui en font usage. Au moins le seigneur et le propriétaire allemands ont eu le courage de courir les quelques risques qui subsistent encore dans ces banques d'aumônes après la garantie collectiYe illlimitée de tous ceux qui y participent. Dans d'autres pays, les représentants de la propriété ont parfaitement compris quel instrument de domination économique et
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