La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE l'égalite du salaire dcYant l'inégalité des besoins. Supposons deux ou\Tiers g,1g11ant 5 francs par jour. L'un est celibatairc, l'autre est pt.'.:rede cinq enfants. li est certain que le celibatairc pourra economiser, tandis que le pt.'.:rede famille aura ù peine le nécess.1in.'. Hartm:rnn oublie que son OU\'rier cclibataire, à defaut d'obligations Yis-:i-\·is d'une epouse, vit frequemment d:111ssa famille et est tenu .ides oblig:ttions analogues Yis-;\-vi:;de ses parents. Dans le c::isoù le celibat::iire s:.:trouve dégage de toute obligation, une conclusion logique se dégage de la theorie d'Hartmann : l'oblig::ition légale de l'epargne. Cc n'est pas ;\ un philosophe d'une dialectique aussi rigide que celle de H:ntmann que l'on peut demarnkr de reculer devant une conclusion que la logique lui impose. Hartmann, partant ainsi d'un principe cher au cœur des individualistes, en arriYe ainsi à une conclusion qui est Ll negation même de la liberte ind iYiduclle. ,\u point de nie financier, l'epargne yaut-clle une constitution en scn·ice public? Dans ks p::iysoù l'epargnc est ccntralisee .rn profit de b dette publique, dont elle constitue ainsi le premier support, cette affectation offre un danger considerablc. L'État, pas plus que n'importe quel particulier, ne peut se croire en sécurite, financit.'.:rementparlant, lorsque tout le c::ipital;\ lui prête deYient réexigible au bout de quelques jours. Au taux de la rente française, il ne serait pas difncik pour l'Etat d'obtenir de l'argent ù l'aide de titres ::iu porteur negociables, et dont il ne serait tenu d'effectuer le remboursement en cspeces qu'aprt.'.:s un delai de pré\·cnance d'un an par exemple. )fous aYons d'ailleurs dej:i en\'is::ige ci-dessus l'éYentualite d'une crise dépréciant dans de fortes proportions le cours de la rente au moment même où les clameurs des déposants effarés contraignent l'État ù inonder le marche financier d'un stock formidable de titres qu'il faut négocier;\ tout prix. P·our le credit public, d':1v:1ntagcs point. Les partisans du libre emploi des fonds de c::iissc d'epargne ne manqueront pas de faire observer les grands avantages qu'offre cc système pour le c1ùlit intérieur de la nation. Ils aiment, par une metaphorc qui leur est assez familière, ù nous montrer l'epargnc retombant en rosée bienfaisante sur ceux qui l'ont constituee, sous forme de crédit commercial, crédit foncier, credit industriel, credit agricole, habitations ounièrcs, etc. C'est surtout en Allemagne, pays d'autonomie pour les caisses d'épargne, que nous \'Oyons celles-ci s'efforcer d'organiser le crédit hypothecaire. En 1892, les caisses d'épargne autrichiennes ,lVaicnt place 59,01 de leur a\'oir en hypothèques. Nombre de caisses d\'.:pargne prussiennes deticnncnt• des hypothèques considérables, amortissables ou non. Sui \·ant la statistiq uc des caisses <l'épargne prussiennes en 1892-93, il y ::iYaitsur un montant tot::ilde 3,779,752,064 marks placés, r, 104,836,229 marks d'hypotheques urbaines et 99-~,650,268 marks

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